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La lecture du mot Romagne est douteuse

Majesté, en cette conjoncture-là, a prétendu davantage de Sa Sainteté en faveur de MM. les ducs de Parme et de Modène, qu'il ne sembloit être porté par le traité des Pyrénées, quoique là-dessus même on puisse dire que Sa Sainteté n'a fait pour l'un et pour l'autre que ce qui étoit purement de sa justice.

Quant à ce qui se passa la première fois dans Avignon, il est vrai que le parlement de Provence, de son propre mouvement, crut que la conjoncture étoit arrivée fort favorable de faire avoir raison dudit Etat à cette couronne et quoique l'intention de Sa Majesté n'ait jamais été de le retenir, comme la suite le fit bien voir, elle ne fut pas marrie de toutes les procédures que fit ledit parlement avec toutes les formalités requises en justice, afin d'avoir ce gage en main pour la faire rendre à M. le duc de Parme de son État de Castro qu'on avoit usurpé, sous prétexte du paiement de quelques dettes civiles ; et pour ce qu'on dit de la rébellion dudit Avignon arrivée depuis le traité de Pise et à laquelle Sa Majesté n'eut aucune part, mais la seule imprudence du vice-légat Colonna dans la publication d'un placard tout à fait inique comme le pape lui-même l'assure tel, puisqu'il en a depuis empêché l'exemption, le Roi reçoit en cela une bien étrange rétribution de la sincérité avec laquelle Sa Majesté s'employa et ses ministres et ses forces pour faire rentrer cette villelà dans son devoir et y rétablir l'autorité du Saint-Siège, dont le pape ne pouvoit jamais venir à bout par aucun autre moyen que par Pappui que Sa Majesté lui donna en faisant connottre aux Avignonois, par M. le duc de Mercœur et par le premier président du parlement de Provence, qu'ils encourroient son indignation et qu'il les feroit même attaquer par ses troupes s'ils ne donnoient toute satisfaction à Sa Sainteté ; Sa Majesté prit le même soin de leur en prescrire des conditions toutes à l'avantage et à l'honneur du pape et très dures et comme insupportables à la ville. On déposa les consuls, on leur fit demander publiquement pardon à genoux au vice-légat. Sadite Majesté promit une fortification du palais contre les insultes de la populace ; on désarma le peuple ; on ôta à la ville toute l'artillerie qui avait toujours été en sa possession ; le pape excepta six personnes de l'amnistie qu'il accorda, dont on a depuis confisqué les biens et rasé les

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