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LES CRÉATURES D'URBAIN VIIÏ

Roî pour l'avantage de la religion et lequel enfin, ayant toutes les parties requises pour être aimé, estimé et honoré des princes chrétiens puisse régir et gouverner la sainte Eglise avec fruit et édification de tous les fidèles et s'employer efficacement et utilement pour la défense de la chrétienté contre Tennemi commun.

La France en tout temps a été bien éloignée de ces prétentions d'esclavitude où d'autres nations ont toujours voulu tenir les papes ; personne n'ignore les mauvais traitements qui leur ont été faits et par qui, quand ils n'ont pas voulu accorder leurs demandes toujours réglées sur leur intérêt particulier et peu souvent par la raison. Le Roi ne veut rien d'injuste ni d'extraordinaire, aussi ne désire-t-il devoir assis dans la chaire de saint Pierre qu'un homme de bien qui ait les intentions droites et assez de force pour les mettre à fin et, en ce cas-là, il n'y a respect ni soumission filiale que Sa Majesté ne lui rende très volontiers comme à un bon père ni bien ni avantage qu'elle ne soit ravie de procurer non seulement au Saint-Siège et à l'Église, mais aux parents même de Sa Sainteté. Enfin Sa Majesté ne souhaite autre chose si ce n'est que le pape qui sera élu puisse connoître véritablement le fond des cœurs et des intentions des uns et des autres parce que, cela étant, elle ne peut pas douter qu'elle n'en soit toujours traitée en vrai fils aine de l'Église comme elle l'est. Sadite Majesté, à l'imitàtioii de ses prédécesseurs, ne prétend point violenter par moyens illicites les suffrages du sacré-collège ni empêcher en quoi que ce puisse être la liberté du conclave ; au contraire, elle sera toujours prête, s'il en étoit de besoin, d'envoyer ses forces pour établir et protéger cette liberté.

Ledit sieur duc aura soin d'assurer les créatures du pape Urbain VIII * et de le leur faire encore confirmer par M. le cardinal Antoine que le Roi, qui conserve toujours une vénération particulière pour la glorieuse mémoire de ce digne pape, désire fort qu'une d'entre elles puisse être élevée au pontificat et qu'il les appuiera tous pour cela de son crédit, estimant beaucoup leur

1. C'était ce qu'on nommait les vieux conclavistes. Ils étaient encore assez nombreux pour que leur concours fût nécessaire pour l'élection d'un pape. D'autre part, Tàge qu'avaient atteint la plupart d'entie eux leur donnait des chances de voir le futur pape choisi dans leurs rangs.

mérite et s'assurant qu'ils suivront volontiers l'exemple que leur bienfaiteur leur a donné, de chérir cette couronne par-dessus toutes les autres.

En même temps ledit sieur duc fera entendre par quelque moyen aux cardinaux de la faction pamphilienne * qu'encore que Sa Majesté n'ait aucune obligation à la mémoire d'Innocent X, ni aucun sujet d'être satisfait de son pontificat, néanmoins cette considération n'a fait aucun préjudice à ses créatures auprès de Sa Majesté, laquelle est très bien informée que ledit pape Innocent auroit beaucoup mérité de l'Église s'il s'étoit aussi bien acquitté du devoir d'un bon pape en toutes autres choses qu'il l'a fait dans les promotions de cardinaux, ayant toujours élevé les sujets qui notoirement dans la cour de Rome en étoient alors reconnus pour les plus dignes et partant que Sa Majesté ne consentira pas seulement à leur exaltation, mais la favorisera aussi de très bon cœur aux occasions qui s'en offriront en ce conclave.

Pour la faction du cardinal Chigi*, ledit sieur duc prendra soin aussi de leur donner ou faire donner les mêmes assurances de bonne volonté de la part du Roi et qu'il ne tiendra pas à Sa Majesté que le nouveau pape ne soit élu dans leur corps, Sadite Majesté estimant beaucoup le mérite de tous et voulant bien concourir de son autorité à leur exaltation selon les occasions qui pourront s'en présenter.

Le pape Clément IX que Sa Majesté souhaite avec passion que Dieu veuille avoir conservé encore quelque temps pour le bien de toute la chrétienté, a vécu avec elle d'une manière et lui a fait et à sa couronne tant de grâces de toute nature que Sa Majesté ne croit pas en pouvoir jamais assez témoigner de reconnoissance envers le cardinal et toute la famille Rospigliosi. Quand, après tous les divers induits accordés que tous les autres papes

1. C'était Vescadron. Azzolini en était toujours le chef. H devait jouer un rôle important dans ce conclave.

2. La situatidh de la faction conduite par le neveu d* Alexandre VII était prééminente. A elle seule, elle pouvait donner l'exclusion. Elle espérait faire choisir le pape parmi les siens. Chigi, au début du conclave, s'entendit, à cet effets avec les Espagnols. Mais on rompit sur lo nom de Vidoni, et Chigi dut se résoudre à donner l'accession de son groupe à la candidature d'Altieri,qui appartenait plut^^t au groupe des Barberins, mais que son grand âge, sa faiblesse d'esprit et la laasitude du conclave firent souverain pontife à ht fin.

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