ENTENTE AVEC LES ROSPIGLIOSI
avoient refusés et dont la France dans la suite des temps retirera tant d'avantages, Sa Sainteté eut encore la bonté d'avancer la promotion de M. le cardinal de Bouillon et par ce moyen, non seulement se priver d'un chapeau qu'elle pouvoit donner à l'un de ses propres neveux ou à quelque autre de ses créatures, mais en perdre aussi un second qu'elle se crut obligée de donner à l'Espagne en même temps, pour avoir lieu de contenter en cela Sa Majesté sans se départir des termes d'un bon père commun entre ses deux premiers et plus chers enfants, Sa Majesté, avec beaucoup de justice, ordonna au sieur de Lionne d'écrire de sa part au cardinal Rospigliosi que bien loin qu'en obtenant du pape cette grâce, il eût perdu deux chapeaux comme il paroissoitdans le public, elle vouloit que ledit cardinal en eût gagné huit à son entière dévotion parce que, dans toutes les occasions de conclave, la faction de Sa Majesté auroit un ordre précis et indispensable de s'attacher inséparablement à toutes ses volontés dans l'élection des papes. Ledit sieur duc de Chaulnes renouvellera la même parole audit cardinal ou, s'il est déjà enfermé dans le conclave, la lui fera renouveler par les cardinaux de Retz et de Bouillon quand ils y entreront, et ne se contentera pas de ce compliment, maïs accomplira par des effets réels cette promesse autant qu'il sera en son pouvoir, d'autant plus que, dans l'élection d'un pape, l'intérêt du Roi n'est pas si grand de voir exalter un sujet plutôt qu'un antre qu'il ne puisse facilement et sans se faire aucun préjudice de considération, sacrifier cet intérêt-là à ceux que se trouvera avoir la famille Rospigliosi, soit pour sa gloire, soit pour son avantage ou pour sa sûreté.
De tout le contenu en ce dernier article, ledit sieur duc pourra conclure combien Sa Majesté souhaite que le nouveau pape soit plutôt élu dans la faction du cardinal Rospigliosi* que dans aucune autre par le seul égard qu'elle a aux avantages dudit cardinal, et qu'ainsi rien ne sauroit être plus sincère que le compliment que ledit sieur duc fera là-dessus à ses créatures dont heureusement deux ou trois sujets se trouvent fort papables, comme on dit, et par leur mérite et par leur âge, et par leurs emplois passés.
1. Parmi les cardinaux de cette faction, outre le cardinal-neveu, on comptait Acciaioli, Pallavicini, Buonacorsi, Cerri, etc.
Le Roi persiste encore dans la môme résolution qu'il prit sur le sujet du dernier conclave de ne faire l'exclusion formelle et ouverte à aucun cardinal que le plus grand nombre des autres veuille exalter. Ledit duc en verra les raisons bien étendues dans les instructions qui lui furent données alors : ainsi Sa Majesté ne la charge point, ni les cardinaux de sa faction de se déclarer contre Tavancementde qui que ce soit, ni de Tempêcher formellement en son nom, bien pourront -ils demeurer neutres et indifférents, et faire même des pratiques secrètes pour cela quand il sera question de tenir éloigné du pontificat quelque sujet qui ne sera pas jugé si capable, ou pour qui Sa Majesté n'aura pas tant d'inclination que pour d'autres, afin de tâcher après de faire tomber l'élection sur les plus dignes, car autre chose est d'exclure ouvertement, et autre ne pas courir d'abord indistinctement à favoriser et vouloir exalter ceux pour qui l'on aura commencé des pratiques^ qui est un terme de conclave.
Il n'y a que le seul cardinal Barberin que le Roi excepte de cette règle générale pour les raisons qu'il seroit fort superflu d'étendre ici, puisque ledit sieur duc de Chaulnes en est assez informé, mais, en même temps que Sa Majesté lui ordonne de faire en son nom ouvertement l'exclusion audit cardinal si le besoin en arrivoit. Sa Majesté croit ne le charger pas en cela d'aucun poids qui lui puisse donner de la peine ou dé l'inquiétude. Ce cardinal s'étant lui-même formé tant d'obstacles pendant la longue durée du pontificat de son oncle et depuis encore par la querelle qui arriva entre le prieur de Palestrine et dom Augustin Chigi', que l'on peut croire presque avec certitude que dans tout le collège, si on faisoit une véritable pratiqutî pour lui, il ne se trouveroit pas six cardinaux qui voulussent lui donner leur suffrage.
Il y a un autre cardinal qui est d'EIci *, que le Roi croit avoir
1. Une nièce des Barberins avait épousé un prince de la maison de Palestrine; Augustin Chigi, neveu du pape, avait épousé une princesse de la maison Borghèse. Voir Vita di Alessandro Vil.., del cardinale Sforza-Pallavicino. Ed. 1843, in-12, t. II, p. 303.
2. Scipion d*Elci, originaire de Sienne, cardinal ^n 1658, appartenait à la faction de Chigi qui le portait. Les raisons pour lesquelles Louis XIV le rejetait sont déve> loppëes ci-dessus. Au cours du conclave, son nom fut mis en avant d'une façon telle que Chaulnes crut devoir aller jusqu'à la limite de ses instructions, et sinon lui
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intérêt de tenir éloigné du pontificat, non que Sa Majesté ait aucun sujet réel de se plaindre de lui et de sa conduite, ni d'aucun de ses proches, mais pour diverses circonstances dont un très grand concours sembloit obliger Sa Majesté et par prudence et même pour sa réputation à ne pas désirer voir et à ne pas souffrir qu'il soit exalté. Il est fils du comte Orso *, autrefois principal ministre du grand-duc dans sa minorité, notoirement connu pour avoirété plus Autrichien pendant toute la durée de son crédit que les Espagnols naturels même ; le cardinal son fils a été imbu et élevé dans les mêmes maximes du père et toujours été pensionnaire des Espagnols et Test encore aujourd'hui, a été nonce à la cour de l'empereur, doit son élévation à la continuelle protection que lesdits Espagnols lui ont donnée et est le sujet du sacré-collège qu'ils souhaitent de voir exalté préférablement à tous les autres. n n'a jamais pris, ni ses paçents, aucune mesure avec le Roi que par quelques compliments généraux faits de temps en temps à ses ambassadeurs. Il est souhaité en premier lieu et du sieur duc et du cardinal Chigi, et enfin, quand il sera élu pape, personne dans le monde ne croira que la France y ait sincèrement concouru quand elle l'auroit voulu faire, et par cette raison il n'entre pas seulement en ceci de l'intérêt de Sa Majesté, mjûs de sa propre réputation. Il y a grande apparence par toutes les considérations qu'on vient de toucher que cent qui voudront porter ce sujet au pontificat y feront tous leurs efforts avant l'arrivée dudit duc et des trois cardinaux françois sur la crainte qu'ils auront que le Roi ne lui veuille faire une exclusion ouverte, et partant que si ledit cardinal n'est pas élu des premiers jours du conclave, le plus grand péril de cette élection sera passé quand ledit duc arrivera. La prudence requerra néanmoins qu'il soit toujours bien alerte pour savoir ce qui se passera sur son sujet et en sa faveur et le trouver sous sa main autant qu'il sera en son pouvoir ^
donner Texclusion, du moins faire annoncer ofâciellement par les cardinaux français que Louis XIT était opposé à Télection. Il mourut en 1670. Voir // cardinalismo di Santa Chiesa; à la Sphère^ 1668, in-12; parte seconda, p. 282.
1. Le comte Orso, premier ministre de la cour du duc de Toscane, conseiller intime de Ferdinand II, de la famille des comtes d'Ilci (ou d'Ëlci) de Sienne.
2. La précipitation qu'appréhendait Louis XIV ne devait pas se produire. Tout au contraire, ce conclave fut un des plus longs et des plus pénibles. Il dura près de
Une personne bien intentionnée et habile a mandé ici que, pour exclure ledit cardinal dTIlci, fort certainement, il suffira que le ministre du Roi fasse dire à l'oreille du cardinal Ghigi que Sa Majesté ne désire pas son élévation, et qu'après cela celui-ci n'oseroit passer outre. Le Roi remet à la prudence dudit duc de pratiquer ce moyen s'il le juge à propos ou tout autre qu'il estimera plus propre pour ruiner ses espérances sans paroître. Mais à toute extrémité Sa Majesté lui donne ordre' et le pouvoir de lui faire, en son nom, une exclusion ouverte en cas qu'il puisse trouver un parti qu'il connoisse assez fort pour la soutenir par le nombre de suffrages qu'il faut nécessairement pour une exclusion, et ce parti-là ne parott pas malaisé à former pourvu qu'on ne soit pas d'abord emporté comme par un torrent, parce que tous les vieux cardinaux et tous les autres prétendants ne manquent jamais de se joindre de bonne foi et ^vec plaisir à quiconque se rend chef d'une exclusion.
Après la matière des exclusions doit suivre celle des inclusions. Le premier en rang que Sa Majesté souhaiteroit de voir élevé au pontificat est M. le cardinal Albizzi\ intime ami et confident de feu M. le cardinal Mazarin, personnage de grande érudition et fort adroit et habile à traiter les plus grandes affaires, qui a reçu secrètement, toutes les années, des bienfaits du Roi, homme résolu, actif et hardi, de grandef vigueur et force d'esprit. Les d if ficul tés de son exaltation seront vraisemblablement grandes, tant parce qu'il a des ennemis particuliers que sa liberté de parler lui a faites, qu'à cause qu'ayant été autrefois marié, il se trouve avoir bon nombre d'enfants et parce aussi que, pour l'ordinaire, le collège en général ne se porte guère à élever un homme ferme et hardi ; mais il peut arriver des conjonctures et particulièrement dans la lassitude de la longueur d'un conclave, là où le parti du
cinq mois. Plus de dix noms furent successivement écartés et on n*aboutit que de guerre lasse et par un choix qui ne satisfit personne. Cbauines écrivait au cardinal d'Esté, le 7 mars : « U est bien fâcheux de voir tant d'inimitiés dq,ns nn lieu oii devrait régner la seule amitié, et je crois que c'est ce qui empêche le Saint-Esprit d'entrer dans le conclave. » (Gattina, III, 249.)
1. 11 ne fut pas question une seule fois d'Albizzi au cours du conclave. Celte élection était impossible pour les raisons qui sont développées dans cette instruction même. Voir, en outre, ci-dessus, p. 131.
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Roi le pourra peut-être servir utilement. Du reste les cardinaux serviteurs de Sa Majesté doivent se conduire en cela comme ledit cardinal Albizzî ou lui-même ou par ses amis leur fera dire qu'il le souhaite. Cependant ledit sieur duc de Chaulnes, à son arrivée à Rome, ne manquera pas de l'informer ou le faire informer par quelque cardinal de ce grand effet de Taffection et de Testime de Sa Majesté qui l'a mis à la tête de ceux qu'elle souhaite de voir assis dans la chaire de saint Pierre.
Le second en rang est M. le cardinal Bonvisi * ; la plupart de ses ancêtres et de ses parents ayant suivi le parti de France, et s'y étant avancés dans des charges et le cardinal ayant toujours témoigné la même inclination, étant d'un esprit doux, aimé de tout le monde, hors du cardinal Barberin, qui est encore une raison pour lui souhaiter cet avantage : l'abbé, son neveu, ayant pris des mesures, ici au temps de la légation du cardinal Chigi, et depuis avec ledit sieur duc, et connoissant très bien que son oncle ne peut parvenir au pontificat que par l'obligation qu'il aura à Sa Majesté d'en avoir tenu éloigné le cardinal d'Elci.
n est pourtant vrai de dire que le plus grand obstacle qui se trouvera à l'exaltation dudit cardinal Bonvisi, généralement aimé et estimé de tout le sacré-collège, sera celui que lui forme son propre neveu dont la cour de Rome craint l'humeur fière, jointe à une habileté non médiocre et qu'elle a remarqué qu'il fait profession des maximes de Tacite et Machiavel dont, assez imprudemment, il cite souvent des passages qu'il applique aux sujets dont il parle.
Cependant le cardinal Chigi qui a aujourd'hui la faction la plus nombreuse s'expliquant comme on dit, et comme il est d'ail-
1. Oirolamo Bonvisi (ou Buonviso) était originaire de Lucques; cardinal de 4657; homme Agé, d*une grande autorité morale, d'un réel mérite, qui pour ne pas plier d«Taot donna Olimpia avait donné, sous Innocent X, sa démission de la présidence de Vaimone, Il passait pour homme de tète et, à ce titre, on craignait son avènemeot. Il était de la faction de Chigi. On le porta quelque temps au cours du concUve. Mais le duc de Chaulnes, craignant de heurter trop violemment Rospigliosi qui le combattait, soutint mollement Bonvisi qui fut écarté au début de mars. (Voir H Cardinalismo, etc., t. II, p. 278.)
Le neveu dont il est question dans le texte fut créé cardinal, en 1681, par Innocent XI. Il conserva cette réputation d'esprit fier et de « machiavéliste », qui lui était laite, dès 1669. L*auteur du livre qui vient d'être cité, le dépeint sous les plus notre* couleurs : <• Un barbare, un cruel, plein de mille vices, etc. » (p. 282).
leurs à présumer qu'il ne sortira point en ce rencontre de ses créatures, et de celles-ci ne s'en trouvant que trois qui soient bien papables, Elci, Bonvisi et Yidoni, toutes les autres ayant de très fortes exclusions, comme le Roi ne souhaite pas le premier, qu'il sera très malaisé par la raison qu'on vient de dire de porter le second au pontificat, il semble que Yidoni *, seul de cette factionlà, est celui qui pourra le plus aisément réussir d'autant plus qu'il ne paroi t pas encore qu'il ait aucun parent. Il est Crémonois, à la véritéf et, par conséquent, né sujet de la couronne d'EIspagne, mais ce n'est pas une raison qui doive retenir le Roi de concourir à son exaltation, non plus qu'à celles de Litta et de Brancaccio, si l'occasion s'en offroit, car les Espagnols ont pour maxime, depuis le mal qu'ils reçurent du pape Paul IV qui étoit Napolitain, d'exclure plutôt que de porter au pontificat les Italiens sujets de leur monarchie. D'ailleurs le cardinal Yidoni dans sa nonciature de Pologne s'attacha entièrement à la feue reine de Pologne et à suivre si bien en toutes choses ses sentiments même à l'égard de la France qu'il s'attira par là plusieurs mortifications du feu pape Alexandre. Sa Majesté désire donc, comme elle l'a déjà fait entendre depuis un mois par une voix secrète audit cardinal, que ledit sieur duc le serve efficacement et utilement, si l'occasion s'en présente, et qu'il lui fasse confirmer la même chose par les autres moyens qu'il en pourra trouver; mais parce qu'il ne seroit pas à propos de restreindre l'inclusion à ces trois sujets seulement, se pouvant rencontrer de très grands obstacles à l'élection de chacun d'eux. Sa Majesté déclare qu'en-
1. Pierre Vidoni, né à Crémone le 8 novembre 1610, évéque de Lodi, nonce en Pologne et cardinal en 1660. Ce fut un des plus sérieux papables du conclave. Malheureusement pour lui Chigi à la faction duquel il appartenait Tabandonna, lorsque Tescadron et la France pnrcnt nettement sa cause en main. Rome craignait en lui un caractère vif et emporté. Il était accablé de pasquinades. Le grand-duc et TEspagne se méfiant de son entente avec la France Técartaient. Cependant, vers la fin du conclave, il faillit remporter. Son principal adversaire dans le conseil d'Espagne, le marquis d*Aitone, étant venu à mourir , il fit lever l'exclusion qui le frappait et Astorga reçut Tordre de laisser aller les choses en ce qui le concernait. Mais alors Chigi, effrayé de l'opposition qu'il avait faite sous main à l'élection de Yidoni, se retourna brusquement. Comme* Chigi était maître du conclave , au moins pour l'exclusion, la partie était perdue pour Vidoni, et c'est alors que, de guerre lasse, on se rabattit sur Altieri. (V. Mémoires des Intrigues de la cour de Rome de ii69 à 1676... p. 21.)
AUTRES CARDINAUX PAPABLES. 239
tre toutes les créatures du cardinal Rospigliosi, elle sera très aise aussi de l'élévation de messieurs les cardinaux Brancaccio \ Ginetti*, Carpegna^, Celsi* et Litta*. On fera remarquer en passant audit sieur duc que Bonelli et Spada ^ ne sont pas crus fort amis de la France et que le premier se laisseroit entièrement gouverner par le cardinal Impériale, et le second est tout dépendant du cardinal Barberin.
La principale visée que ledit sieur duc se doit proposer est de tenir le parti du Roi bien uni et d'empêcher surtout qu'il n'arrive aucun différend entre M. le cardinal d'Esté et M. le cardinal Antoine, faire que celui-ci ne communique rien avec le cardinal Barberin, et ne dire rien au cardinal Ursiii qu'on ne veuille pas que le grand-duc ne sache et, sur toutes choses, qu'aucune élection ne se fasse ou il ne paroisse pas que le parti du Rei n'ait eu la part qui est due à Sa Majesté et, s'il est possible, la principale gloire.
Si l'élection se trou voit faite avant que ledit sieur duc arrivât à Gênes, Sa Majesté trouve bon qu'il revienne de là, sans passer outre. Si cette nouvelle le trou voit plus avancé que Gênes, elle croit à propos qu'il poursuive son voyage prenant prétexte d'aller se réjouir au nom du Roi avec le nouveau pape ; mais, en effet, pour établir pendant quelques jours la bonne correspondance
1. Fr. Maria Brancaccio, remarquable par sa naissance et par son savoir, fut sérieusement en vue dans le conclave. Il échoua devant Thostilité déclarée des Espagnols, qui avaient eu à se plaindre de lui quand il était évoque de Capaccio dans la vice-royauté de Naples. U était soutenu par les Jésuites. Il mourut en 1675.
2. Il ne se fit pas, dans le conclar^e, d'intrigue sérieuse pour Ginetti. On disait de lui que depuis 30 ans il pensait à la tiare, mais qu'il y avait toujours pensé tout seul.
3. Carpegna était un des plus vieux cardinaux ; il était resté seul sur le tapis avec Altiori sur la Un du conclave. Mais le grand-duc lui était opposé. Médicis intriguait contre lui. 11 y avait entre lui et Chigi des rivalités « pour des motifs féminins», disent les ambassadeurs vénitiens. On le considérait d'ailleurs comme plus valide qu'Altieri. Celui-ci fut préféré.
4. Angelo Celsi, Romain, cardinal de 1664, était un homme capable et rompu aux affaires. Au début du conclave on parlait de lui. Il était accepté par Chigi. Mais l'hostilité de Barberin l'empêcha de réussir. (Voir // CardinalismOy etc., t. II, p. 308.)
5. Litta fut peu agité. Il était écarté par l'Espagne et par Chigi.
6. Il ne se ût rien dans le conclave autour de l'un eu de l'autre de ces deux noms. Carlo Bonelli, Romain, de la faction de Chigi, cardinal en 1664. •— J.-B. Spada, Lucquois, cardinal de 1652, mort en 1675.
entre Sa Sainteté et Sa Majesté. Quant à son retour, Sa Majesté le remet purement audit sieur ambassadeur de revenir dès qu'il aura fait ce qu'on vient de dire.
Les bontés qu'a eues le pape Clément pour le Roi et pour sa couronne ont mis les affaires de Sa Majesté à Rome en un tel état qu'à moins qu'il n'en survienne des nouvelles entre ci et l'élection de son successeur, on ne trouve pas que ledit sieur duc ait occasion de parler au nouveau pape que de trois ou quatre affaires au plus qui soient de quelque considération.
La première est celle du sieur évèque de Béziers nommé à l'archevêché de Toulouse * qui a enfin obtenu la nomination au cardinalat du roi de Pologne cpmme il avoit eu celle du roi Jean Casimir. Le courrier qui emporte la lettre au pape est parti de Vienne en Autriche, le 29 novembre, et comme il aura pu se rendre de là à Rome en six jours, il y a grande apparence qu'il sera arrivé avant la mort du pape et si le cardinal Ursin a fait son devoir de presser, sans perte de temps, l'audience de Sa Sainteté ou du cardinal-neveu pour leur présenter ladite lettre, on aura fait un grand coup pour ledit évoque de faire accepter ladite nomination par ce pape-ci qui a toujours déclaré qu'il le promouvroit au cardinalat dîuis la promotion des couronnes pour\^ qu'il obtînt ladite nomination, parce qu'un autre pape, sur cet exemple, ne sauroit plus refuser honnêtement au Roi de faire la même chose dont il auroit déjà eu la parole de son prédécesseur. Cette affaire donc peut avoir deux faces à l'élection du nouveau pape, l'une que la nomination de Pologne en la personne dudit sieur évoque eût déjà été agréée et acceptée, du vivant de Clément IX et, en ce cas, ledit sieur duc n'auroit qu'à demander de la part du Roi la confirmation de la même parole, ce qui vraisemblablement ne lui seroit pas refusé, surtout dans les premiers jours d'un pontificat où les papes étant encore dans la joie de leur exaltation ont accoutumé d'être plus prodigues de leurs grâces qu'en d'autres occasions.
L'autre est si cette lettre de nomination n'a pu être présentée à temps à Clément IX ; auquel cas ledit sieur duc faisant cette