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LES COURS DE SAVOIE ET DE PARME

sadeur extraordinaire en cette cour-là, lequel ne sauroit être prêt à se mettre en chemin qu'environ à la fin du mois prochain, Sadite Majesté a fait dresser ce mémoire succinct pour servir d'instruction audit sieur évêque sur la conduite qu'il devra tenir, en attendant l'arrivée dudit sieur ambassadeur.

Gomme il prend sa route par la cour de Piémont, Sa Majesté l'a chargé de deux lettres de sa propre main pour le duc et la duchesse de Savoie; elles sont en créance* sur ledit sieur évêque et elle remet à sa prudence et à son habileté de l'exposer, aux termes qu'il croira pouvoir le plus persuader le duc, non seulement de l'amitié de Sa Majesté, à se tenir toujours inséparablement attaché aux intérêts de cette couronne, mais à l'exciter aussi aux actions de gloire et de ses avantages, dès que les incidents des affaires du monde pourront lui en faire naître les occasions.

Le Roi croit qu'encore que les intérêts du duc de Parme soient assez opposés à ceux de la cour où ledit évêque va, l'honnêteté néanmoins dont ce prince a usé envers son frère et lui de les accommoder de Tusage du palais Farnèse pour leur logement, ne lui permet de se dispenser, passant aussi près qu'il fera de son État, d'aller lui en faire un remerciement au nom de Sa Majesté même et ensuite y ajouter les siens propres pour la commodité qu'il en recevra. Le Roi écrit audit duc en créance sur ledit évêque, et il tâchera de le laisser bien persuadé du, désir qu'a Sa Majesté de profiter des conjonctures qui se présenteront favorables, pour faire achever à sa satisfaction les afl'aires qu'il a encore à démêler avec la cour de Rome sans que les grandes difficultés

son frère, le cardinal, et leur entente parfaite était d'un grand secours pour les affaires dont ils étaient chargés. Le duc d^Estrées parait avoir été d*un esprit assex médiocre et auquel le secours do son frère ne fut pas inutile.

La correspondance du duc, ainsi que celle du cardinal, sont conservées dans les archives du ministère des Affaires Étrangères. Elle a été dépouillée complètement, en ce qui concerne le pontificat d'Innocent XI, par M. E. Michaud pour son ouvrage intitulé Louis XIV et Innocent XI y 4 vol. in-S^ (Charpentier, 1882). Consulter également Charles Obrin : Recherches historiques sur CAssemhlée du clergé de France de 1682 (Lecoffre et fils, 1869), in-8s et l'Assemblée du clergé de France de 1682 par Tabbé Julbs-Th. Loyson (Didier, 1870), in-8«.

1. Elles sont en créance; nous dirions aujourd'hui : elles accréditent. Il n'était pas étonnant qu'on confiât cette mission de courtoisie auprès de la cour de Piémont au cardinal d'Estrées puisqu'il avait avec la famille de Savoie des relations d'alliance et de services.

que Sadite Majesté y a jusqu'ici rencontrées Ten puissent jamais rebuter jusqu'à ce que, dans un temps ou dans un autre, elle ait eu le moyen de les conduire à leur perfection.

n rendra ensuite à Modène les lettres que le Roi écrit à la duchesse et au cardinal d'Esté, les assurera de la continuation de l'estime et de la bienveillance de Sa Majesté et leur dira confidenmient que Sa Majesté contribuera très volontiers, en temps et lieu, ce qui pourra dépendre d'elle pour faire réussir l'affaire dont ladite duchesse lui écrivit dernièrement, et que Tun et l'autre peuvent faire ce fondement que Sa Majesté en désire sincèrement le bon succès.

Le Roi écrit dans cette occasion deux lettres au pape et deux au cardinal son neveu, l'une de la secrétairerie d'État pour établir sa créance dans les affaires que ledit évéque aura à traiter avec eux, en attendant l'arrivée de son ambassadeur, et l'autre de sa main propre sur le même sujet aussi, mais en y ajoutant quelque chose de l'affaire de sa promotion au cardinalat.

Comme, par le nombre et la qualité des grandes grâces que Sa Majesté a obtenues dans le pontificat de Clément IX, il se rencontre aujourd'hui qu'elle n'en peut désirer aucune considérable de ce pape-ci que cette promotion, et qu'elle soit faite avant le temps de celle qui sera due aux couronnes, c'est aussi à ce seul objet-là que S,a Majesté trouve bon que ledit sieur évêque, quoique dans une matière où il est si fort intéressé, puisse tourner toutes ses pensées et agir pour la faire réussir, parce que la gloire et le service de Sa Majesté, aussi bien que la mortification de ses ennemis, ne s'y rencontrent pas moins que l'intérêt particulier dudit évêque.

Dans cette vue et par les raisons qu'on vient de toucher en passant. Sa Majesté agréera que ledit évêque assure le cardinal Altieri * que, lui faisant donner par Sa Sainteté présentement le

1. C'est le cardinaUnereu. Iln'ëtail que parent éloigné da pape et, de son nom. Paluzzi ; mais Clément X, accablé par Tàge et les infirmités, lui avait remis tont le gouvernement de TÉglise. L'ambassadeur vénitien, Mocenigo, fait de lui un portrait complet dans la relation au Sénat, de 1676. C'était un homme pâle, faible, de capacité médiocre, de nature ardente, d'accueil affable, de grande ambition, mais par-dessus tout, heureux. Mocenigo donne sa carrière comme un exemple des faveurs de la fortune. De petit abbé chargé de dettes, il devint cardinal, secrétaire

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