AFFAIRES DE NAPLES
qu'ils ne prennent des .mesures préjVidiciables à son service comme ils le feroient sans doute si on ne les amusoit pas d'espérances ; car au reste ledit sieur évêque doit savoir par avance que jamais Sa Majesté ne peut consentir à l'exaltation de l'un ni de l'autre, non plus qu'à celle de Sainte-Suzanne * dépendant comme Facchinetti dudit Barberin. Il sera bon qu'il fasse des honnêtetés audit Sainte- Suzanne et nommément qu*il tâche de lui ôter de l'esprit, comme aussi à Barberin même, que les choses qui se sont autrefois passées entre eux et le feu maréchal d'Estrées soient en aucune manière capables de lui faire tenir ni au duc son frère à leur égard une conduite dont ils n'eussent pas satisfaction.
Si quelques Napolitains viennent à Rome proposer audit sieur évêque des mouvements de révolution dans ce royaume-là, il examinera mûrement les fondements, les remerciera de leur bonne volonté, s'il ne les juge pas bons, et tranchera court avec eux en disant que Sa Majesté n'a d'autre pensée que d'entretenir la paix. Si, au contraire, il en trouve les fondements solides, il leur demandera du temps pour en pouvoir rendre compte au Roi et savoir ses intentions *.
Pour conclusion, comme la qualité de second duc et pair de France et même des anciens, dont ledit sieur évêque se trouve revêtu est la plus grande, la plus éclatante du royaume. Sa Majesté lui ordonne d'en maintenir les titres, honneurs et prérogatives dont il jouit près de sa personne, dans les États généraux, dans ses lits de justice et dans ses parlements où il suit immédiatement les princes du sang de Sadite Majesté, ce qui ne lui a pas été contesté dans les autres cours où elle l'a envoyé pour son service ; aussi ne seroit-il pas raisonnable qu'à cause du caractère d'évêque, dont celui de duc et pair de France est inséparable en sa personne, il prît un rang inférieur à cette dignité.
Fait à Dunkerque, le 6 mai 1671.