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C'est le cardinal Spada dont il a été question ci-dessus

2. n est à remarquer qu à cette date la France n'était pas en guerre avec r£spagne. Mais Louis XIV était à Dunkerque préparant la guerre de Hollande et il pouvait prévoir l'intervention postérieure du roi catholique dans a querelle.

LE DUC D'ESTREES*

Le dépari du duc d'Estrées pour Rome, annoncé, comme on Ta vu, pour Tété de 1671, avait été successivement retardé jusqu'à la fin de cette même année. Dans cet intervalle, un événement important était sur\'enu. Lionne était mort. Aussitôt d'Eslrées reçut Tordre de regagner son poste sans attendre ses instructions : c'est ce qui ressort des termes d'une lettre qu'il adressa à Pomponne, le 5 janvier 1672. Il s'excuse de n'avoir pu prendre congé du nouveau ministre, par suite de la précipitation de son départ : « Je m'en vais sans mes instructions, ajoute-t-il ; mais Sa Majesté m'a fait l'honneur de me dire que je ne serais pas longtemps sans les avoir. » {Borne, t. CCXVIII, p.31,v**.) Ces instructions furent-elles jamais rédigées ? Gela est douteux. Nous n'avons rencontré dans les archives des affaires étrangères que le court mémoire publié ci-dessous.

Il se rapporte à une polémique depuis longtemps engagée entre les deux cours et il témoigne d'un mécontentement réciproque qui, maintenu à l'état d'aigreur sous le pontificat de Clément X, devait tourner à la pleine hostilité sous celui d'Innocent XI.

Le point particulier traité dans ce mémoire est la question de l'agrément, par Tune des puissances, du ministre que l'autre envoyait auprès d'elle. C'est aujourd'hui un usage passé dans les relations internationales, d'interroger le gouvernement auprès duquel un ambassadeur va être accrédité et d'attendre son consentement. Il n'en était pas de même autrefois. Le roi de France, notamment, choisissait de son plein gré l'ambassadeur qu'il envoyait près du pape. Mais il pré-

i. Apch. des Aff. étrangères. Homt*, t. CCXVII, fol. 168.

tendait ne recevoir le nonce qu'après avoir donné son avis sur le choix fait par la cour de Rome.

En réclamant ce privilège, Louis XIV n'innovait pas. L'un des points les plus importants des libertés gallicanes précisait les précautions à prendre contre les envahissements des nonciatures apostoliques.

C'est par le moyen des nonces que le pape dirigeait tout un clergé (surtout le clergé régulier) toujours disposé à favoriser les prétentions ultramontaines. Aussi les recueils relatifs aux libertés de TÉglise gallicane contiennent toujours une série de restrictions apportées aux pouvoirs habituels des légats et des nonces. Elles sont notamment énumérées très complètement dans le Traité des Légats a latere, publié à la suite du Traité des Cardinaux du Saint-Siège,., auquel est joint le Tf'aité de Pise. (A Cologne, 1665, in-12, pp. 33 et suiv.) La première des restrictions indiquées est ainsi formulée : « La première borne du pouvoir des nonces c'est celle du royaume, je veux dire que les légats des papes ne doivent point entrer en France poiu» y exercer leur commission sans avoir eu k permission du Roi. »

Mais la cour de Rome n'admettait pas cette doctrine. Souvent elle essayait de l'emporter sur la résistance des rois et du parlement, notamment dans les temps de trouble. M. de TÉpinois raconte les difficultés qui s'élevèrent au sujet de la mission en France de l'archevêque de Nazareth, en 1585. Henri III refusa de le recevoir. Aussitôt Sixte- Quint renvoya de sa cour le sieur de Saint-Gouard qui y était ambassadeur. Le débat ne s'aplanit qu'après un an de négociations. (De L Épinois, la Ligue et les Papes, pp. 24 et suiv.)

A l'époque où nous sommes arrivés, la cour de Rome paraissait d'autant plus prête à résister aux revendications de Louis XIV que celui-ci les affirmait avec plus de hauteur. Il ne faut donc pas s'étonner de voir un nouveau conflit s'engager à l'occasion de la coïncidence des missions réciproques du duc d'Estrées et du nonce Nerli. Cette fois encore l'affaire devait s'arranger, mais pour reprendre avec plus de Aiolence lorsque le duc d'Estrées fut remplacé par le marquis de Lavardin.

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