‹ RomeChapitre 14 sur 186 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

brûler solennellement cette bulle. En outre, il convoque les États du royaume et, par ce trait hardi, lie la cause de la nation à celle de la royauté. Le méridional Pierre de Flotte fait le procès de Boniface YIII. Le Roi lui-même intervient et dans une allocution de la plus adroite brièveté, Philippe le Bel revendique Tindépendance du royaume que ses prédécesseurs lui ont transmis et qu'ils tenaient eux-mêmes rien que de Dieu, de leur propre courage et de celui de leurs peuples ^ L'assemblée acclame ces paroles ". Le clergé lui-niême ne peut refuser son assentiment.

L'année suivante (1303), une autre assemblée moins nombreuse, mais où les trois ordres ont encore leurs représentants, en appelle du pape au futur concile et pose ainsi, au point de vue gallican, la question de la supériorité du concile sur le pape.

En réponse, la hul\e Juxta verbum propheticum délie les sujets du Roi du serment qu'ils ont prêté au prince : la bulle Pétri solio excelso le frappe d'excommunication, mettant ainsi en action les théories et se servant des dernières armes pontificales. Elles sont réduites à l'impuissance par la volonté nettement arrêtée de la nation qui, consultée au moyen d'une sorte de plébiscite jusque dans les plus petites communes, se prononce pour la royauté^. Ce mot seul d'indépendance gallicane adroitement placé dans la question posée par le Roi décide en sa faveur. La France prend conscience d'elle-même par la simple menace de l'ingérence étrangère.

Page 1