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CONDUITE A L'ÉGARD D'ALTIERI

celle du cardinal Altieri. Par le juste mécontentement que j'ai de son chef, elle est la dernière dans laquelle je puisse admettre Vélection d un pape. Si toutefois, malgré les soins que vous auriez pris pour Tempècher, vous voyez qu'elle tombât en Massimi*, Âlbizzi * et Crescentio, vous ne l'arrêterez point, non plus que les autres par une exclusion publique, et il sera bon que ces cardinaux connoissent qu'ayant d'ailleurs de l'estime pour eux, la mauvaise conduite du chef auquel ils sont attachés m'empêche de leur en pouvoir donner des marques.

Pour ce qui touche le cardinal Altieri, mon intention est toujours de continuer à lui faire paroître la juste indignation que j ai de sa conduite. J'ordonne, pour ce sujet, aux cardinauxfrançois et vous leur ferez encore entendre, que mon intention est qu'ils n'aient aucun commerce avec lui. Aussitôt après la mort du pape, il dépêcha un courrier au cardinal de Bonzi avec une lettre qu*il le prioit de me rendre et que je n'ai point voulu recevoir. Elle portoit en termes généraux qu'il avoit d'autant plus de douleur de la mort du pape qu'elle ne lui avoit pas laissé le temps de me donner des preuves de son respect et de sa soumission, et qu'il chercheroit toutes les occasions de le faire, et de mériter rhonneur de mes bonnes grâces.

Peut-être voudroit-il interpréter cette lettre comme s'il désiroit faire tout ce que je pourrois attendre de lui, et que, dans ce dessein, il seroit capable de s'offrir à moi avec toute sa faction, et de concourir avec toutes ses créatures au pape que je voudrois choisir. Je puis douter que ce soit tout à fait son sentiment ; mais quand ce le seroit, ce seroit à vous qu'il le devroit faire pénétrer ou au plus ancien des cardinaux de ma faction. Je remets à votre prudence de juger alors si ce sacrifice entier et déclaré de tout son parti et qui me mettroit en état de faire le pape que je vou-

1 . Camillo Massimi, Romain, âgé de soixante ans, antérieurement nonce en Espagne, créature de Clément X, homme de grande vie, de grande vertu, de grand mérite ; longtemps clerc, puis maître de la Chambre sous Clément X, il paraissait très papable, d'autant plus qu'il était sans héritier. (Voir TAmbass. Vénit., p. 339.)

2. Egalement créature de Clément X, âgé de soixante-douze ans, espérait que son grand âge lui vaudrait la pourpre. Mais on craignait son caractère « féroce et brutal » et surtout l'intrigue de ses deux neveux. Il était pensionné de l'Espagne Il mourut en 1688.

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drois, répareroît suffisamment les injures qu'il m'a faites, et seroil assez fort pour me satisfaire. Mais en cas qu'il vous fît faire une telle proposition, vous ne devriez pas vous en contenter, à moins qu'elle ne produisît en même temps son effet, puisqu'il ne suffiroit pas que, par une démonstration inutile de vouloir revenir à moi, il pût me faire oublier le juste mécontentement que j'ai de lui. Ce seroit donc à vous d'examiner, avec les cardinaux de mon parti, si ses offres seroîent véritables, et si l'usage que vous en pourriez faire seroit assuré et important pour le choix du pape que je voudrois. En ce cas, je vous donne pouvoir de les accepter et de rassurer que, ne voulant plus me souvenir du passé, je voudrois bien le recevoir en mes bonnes grâces.

Du reste, comme mon service demande une grande union entre vous et les cardinaux françois qui seront dans le conclave, je vous la recommande particulièrement, non seulement en ce qu'elle peut dépendre devons, mais en ce que vous pourrez y contribuer entre eux. Pour cela vous aurez soin de leur donner part de mes intentions avec une entière confiance et de faire passer par le cardinal de Retz qui sera chef de la faction ou le plus ancien en son absence, la communication exacte que vous garderez avec eux et celle qu'ils auront pour vous.

Je n'ai point besoin de vous recommander d'assurer les cardinaux Rospiglîosi et Chigi de ma constante amitié, et d'empêcher, en cette sorte, qu'ils conçoivent le moindre soupçon que, quoi que pût faire Altieri pour s'attacher à moi, je fusse capable de le préférer à eux. Vous devez continuer de même à ménager les bons sentiments que l'espérance de l'élévation de Facchinetti a fait naître depuis quelques années en Barberin. Quoi qu'il arrive de ce cardinal, il faut agir de sorte avec lui qu'il ignore l'opposition cachée que vous auriez apportée à son élection et qu'il croie m'en être redevable, si les dispositions y étoient telles et si sûres que ne voyant pas d'espérances de les détourner, vous vous vissiez obligé d'y concourir.

Sur quelque sujet que tombe le pontificat, servez- vous auprès du cardinal qui seroit élu, de l'obligation qu'il m'en aura pour tirer de lui un engagement positif de réparer, par la promotion des couronnes, le tort qui m'a été fait par Clément X et pour

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