‹ RomeChapitre 169 sur 186 · CÉRÉMONIES ET PRÉSÉANCES · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES ET PRÉSÉANCES

Sa Majesté a pour eux que de Tautorité despotique avec laquelle les commissaires de la maison d'Autriche leur indiquoient celui ou celle qu'ils dévoient élire.

Il reste à informer ledit sieur ambassadeur des traitements qu'il doit faire aux cardinaux, aux prince^ ambassadeurs et ministres étrangers et aux principaux seigneurs de Rome comme aussi de ceux qu'il en doit recevoir et la manière dont il se doit conduire dans toutes les cérémonies.

Il sera aussi instruit par un mémoire particulier des talents, qualités, inclinations et intérêts de tous les cardinaux et principalement de ceux qu'on appelle sujets papables. '

Sa Majesté lui a fait connottre au commencement de cette instruction la manière dont elle veut qu'il' parle au pape dans sa première audience.

Quant aux parents de Sa Sainteté, lorsqu'il y a un cardinal neveu et des parents et parentes séculières du pape déclarés tels et jouissant des honneurs attachés à cette qualité, l'ambassadeur doit les voir au sortir de l'audience du pape, quand même ils ne seroient pas venus au-devant de lui et le duc de Chaulnes en usa ainsi à l'égard des parents séculiers d'Alexandre YII qu'il trouva déclarés et jouissant des honneurs du trône, lorsqu'il arriva à Rome. Le pape d'à présent n'a point encore de neveux qui jouissent des honneurs attachés à cette qualité ; mais comme il pourroit déclarer dom Livio son neveu et lui donner les honneurs du trône, que même après la mort de ce pape, on en pourroit élire un autre qui donneroit d'abord les honneurs du solto ou du trône à ses parents, il est bon que ledit sieur de Lavardînsoit instruit que le pape Alexandre VII ayant, depuis l'arrivée du duc de Chaulnes, déclaré dom Sigismond son neveu et lui ayant donné place au trône en cette qualité, ce duc prétendit en être visité le premier sur ce qu'il falloit faire différence entre les parents que l'ambassadeur trouvoit jouissant des honneurs du trône et établis par des principautés et ceux qui n'étoient parvenus à cette dignité que depuis son arrivée, et il s'expliqua si fortement sur ce sujet, sans compromettre l'autorité du Roi, que dom Sigismond lui rendit la première visite et aux autres ambassadeurs des couronnes qui ne

RECUEIL DES INSTRUCT DIPLOMAT. TI. — 22

s'y attendoient pas. Pour ce qui est du second cas, Clément IX ayant, incontinent après son exaltation, donné les honneurs du trône à son frère et à ses neveux, ils furent obligés après quelques contestations de subir la même loi de sorte que les parents des papes ne peuvent présentement se dispenser de rendre, après qu'ils sont déclarés, la première visite aux ambassadeurs des couronnes qui se trouvent alors à Rome. Au reste les ambassadeurs et les neveux du pape se donnent respectivement TExcellence et la main les uns chez les autres lorsqu'ils se visitent, mais en lieu tiers et même au solio, les ambassadeurs ont la main sur les neveux des papes et ceux-ci sont obligés de s'arrêter les prenfiers lorsqu'ils rencontrent les ambassadeurs dans les rues, ce qu'ils évitent le plus qu'ils peuvent.

Ledit sieur de Lavardin sera instruit par le sieur de la Buissière, maître des cérémonies, de toutes celles qui se doivent observer dans l'audience publique que Sa Sainteté lui donnera, après laquelle il doit aller chez le cardinal-neveu quand il y en a, et à présent chez le cardinal Gibo dont les qualités lui seront connues par le mémoire que Sa Majesté fait joindre à cette instruction ; et comme, outre celle de secrétaire d'État et premier ministre du pape, il a aussi toute la sagesse, la science et Tapplication aux affaires qui le peuvent rendre considérable et qu'elles lui ont effectivement acquis l'estime de Sa Majesté, ledit sieur de Lavardin lui en renouvellera les assurances aussi bien que celles de l'affection de Sa Majesté par les expressions les plus obligeantes qu'il pourra s'imaginer et lui fera connoître que, comme Sa Majesté a toujours souhaité sincèrement une parfaite intelligence avec le Saint-Siège, elle se promet qu'il y travaillera dorénavant d'autant plus efficacement qu'il peut bien juger que la grandeur de l'Église ne se peut trouver que dans cette bonne union et qu'il n'y a rien qui puisse plus contribuera ses avantages particuliers que de faire cesser tous les obstacles qui ont empêché jusqu'à présent un si grand bien en disposant le pape à donner à Sa Majesté la juste satisfaction qu'elle a droit de s'en promettre. Après cette visite, ledit sieur ambassadeur commencera celles du sacré-collège par le cardinal doyen auquel il parlera en conformité de la lettre que Sa Majesté lui écrit.

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