XXXVI INTRODUCTION
avec le pape. Un concordat, quel qu'il fût, ne pouvait être que la suite d'une négociation où les deux parties, traitant d'égale à égale, retireraient Tune et l'autre, du contrat, des avantages certains. Il fallait attendre encore; et, malgré le vif désir que parait avoir eu, dès cette époque, le Dauphin de reconnaître le pape et de s'entendre avec lui, le parti épiscopal et seigneurial resta le plus fort et les légats du pape durent se satisfaire de la vaine abrogation de l'ordonnance de 1418, sous l'influence du duc de Bourgogne.
Lorsque Charles VII monta sur le trône, il eut à prêter le serment de défendre les libertés et franchises de l'Église. Il le fit, et par une ordonnance, datée de février 1423, il confirma celle de 1418. Mais il faut reconnaître que cette conduite du Roi était en contradiction avec ses propres sentiments, car,, tandis que le clergé prétendait se tenir en dehors de la nouvelle organisation de l'Église, le Roi envoya, de son propre mouvement, une ambassade solennelle, chargée de présenter l'obédience au pape Martin V. « Cette ambassade, dit l'historien de Charles Vil, devait, en outre, solliciter du pape une dispense pour le serment prêté par le Dauphin à Paris, devant le parlement, de maintenir inviolablement les ordonnances relatives à l'Église gallicane ^ » Les instructions comprenaient, en outre, des prescriptions qui indiquent formellement que la négociation de concordat était poursuivie sous main entre le pape et le roi. Les conditions de Charles VII étaient celles-ci : il demandait qu'on lui accordât le privilège de nommer cinq cents personnes aux bénéfices dans son royaume et que son propre confesseur eût, pendant trois ou quatre années, des pouvoirs exceptionnels.
Martin V s'empressa, bien entendu, de délivrer le Roi de son serment. « Il comprenait que le Roi, pressé par la nécessité, avait dû faire de pareilles concessions. Mais maintenant un mot de sa bouche suffirait pour corriger les maux causés par la faute d'autrui. » Martin accordait à Charles le privilège de nommer non à cinq cents, mais à trois cents bénéfices.
Comme suite à cette négociation, le Roi rendit l'ordonnance