LU INTRODUCTION
son parlement; leurs discours, en somme, ne sont que des discours ; c'est affaire de lit de justice, la présence royale faisant taire tous ces bavards.
Cependant les charges du pouvoir s^accroissent; ses besoins sont immenses; le domaine s'épuise. Où trouver l'argent, tout l'argent dont on a besoin ? Les revenus ecclésiastiques sont énormes. C'est là évidemment qu'est la solution de la crise « budgétaire ».
De demander aux ecclésiastiques leur concours volontaire, cela ne peut suffire; d'attendre que, peu à peu, légalement, judiciairement, reprise soit faite des sommes que les siècles leur ont permis de capitaliser, autre erreur. Procédés de bureaucrates, luttes mesquines, persécutions sans fin. Il faut que la chose soit faite vite, sans tant de façon, et qu'imposée en un clin d'oeil, elle soit exécutée bon gré, mal gré.
Réflexion faite, le mieux serait encore un bon traité avec le pape. Celui-ci d'ailleurs ne serait pas exigeant. Il a perdu la partie. La Pragmatique lui a enlevé ses dernières illusions. Il sent quïl faut céder au temps, sauf à retirer, d'une transaction adroitement conduite, les profits qu'elle pourra laisser.
Les deux pouvoirs se sont regardés. Ils se sont compris. Déjà plusieurs tentatives de rapprochement ont eu lieu. Plusieurs ébauches de concordat ont été proposées. Le roi a la partie belle. Il attend. Il retient ses évèques et son parlement ou les lâche à tour de rôle, jouant d*eux et les jouant. A chaque nouvelle passe, le pape recule, et le retard même ne lui profite pas. Il a hâte d'en finir. De grands orages s'approchent, couvrent l'horizon.
François I", par la bataille de Marignan, s'ouvre les portes de la péninsule. Il descend en vainqueur sur Rome. Léon X, terrifié, vient au-devant de lui jusqu'à Bologne. Les cardinaux et le chancelier Duprat s'abouchent. Ils traitent, ils signent. C'est le Concordat de 1816; il remet entre les mains du Roi la disposition entière des bénéfices par la nomination des évèques. La Réforme éclate l'année suivante.