Ibid, (p
4. De sacrttrum eUclionum jure et necessitatiad ecclesia Gallicane redinlegra- Umem, auctore G. Genebrardo, Aquarum Sextiarum Archiep, ad ilL cardinales
I), Philippum Segam legatum Ptacentinum, et D, Nicolaum Pelevœum Rhemensem et pTvnum Francis parem, Parisiis, apud Sebastianum Nivellium, sub Ciconiis, via
Lxxxvi INTRODUCTION.
Ce sont ces violences qui, bientôt, rejetèrent dans le camp royal la grande majorité des évêques français. Comme dit l'historien de Henri IV, « Tordre religieux n'était pas moins violé que Tordre politique », et c'est pour rétablir Tun et l'autre, que les évêques, suivant Timpulsion des cardinaux de Vendôme et de Lenoncourt, de l'archevêque de Bourges, Renaud de Beaune, et de quelques autres prélats, se resserrèrent, en quelque sorte, autour de l'arche sainte de la loi salique, pour faire tête, tous ensemble, contre la menace de l'ingérence étrangère.
Dès le mois de février 1890, cette conception du rôle deé évêques dans la suite des événements, qui devaient amener le dénouement de la crise, était saisie par les principaux d'entre eux. Us convoquaient à Tours une assemblée d'évêques français « pour aviser aux moyens de ramené!» le prince au catholicisme » et, dans la lettre de convocation, les principes les plus purs du régalisme gallican étaient proclapiés: « L'honneur de Dieu et Tamour de la patrie, y lisait-on, nous obligent à mettre la main à une œuvre si bohne, c'est-à-dire à la conversion du prince que, selon les règles inviolables de la monarchie, Dieu a fait naître pour nous comtnander, comme le premier du sang et de la race de saint Louis, par conséquent notre roi naturel et légitime... » Le légat du pape comprit quelle était la gravité de cette déclaration et des actes dont elle pouvait être la cause initiale. Il jeta l'interdit sur la future assemblée, excommunia d'avance ceux qui y prendraient part : « Si Henri de Navarre voulait se faire instruire, il n'était pas besoin d'une assemblée d'évêques ; elle n'était pas nécessaire et pouvait être dmigereiise^ . » Rome se sentait atteinte par ce coup droit.
Les résultats de cette initiative devaient tarder quelque temps encore. Mais Télan était donné. Toutes les forces gallicanes se relevèrent et donnèrent, Tune après l'autre. En 1891 , le parlement réuni à Tours retrouva ses belles invectives contre Rome, en lançant l'arrêt de condamnation des bulles du pape Grégoire : « La
Jacobea, MDCIII. Ce livre a été cSndamné, par sentence du Parlement du 26 janvier 1590, à être lacéré et brûlé par la main du bourreau ; l'auteur, déclaré coupable du crime de lèse-majesté, banni à perpétuité. 1. L'Ëpinois.
LES ETATS DE i593. lxxxvii
cour a déclaré et déclare les bulles monitoriales données à Rome le premier jour de mars 1890, nulles, abusives, séditieuses, damnables, pleines d Impiété et d'impostures, contraires aux saints décrets, droits, franchises et libertés de TÉglise gallicane, ordonne que les copies seront lacérées par l'exécuteur de la haute justice et brûlées en un feu qui, pour cet effet, sera allumé devant la grande porte du palais *. »
Enfin, dans le parti de la Ligue se fit lentement un retour vers ces antiques traditions que la passion avait rejetées, mais dont les esprits gardaient la mémoire.
Aux États de 1893, dans ces États qui, convoqués pour la révolte, rétablirent la discipline ; qui, réunis pour fonder la domination étrangère, s'obstinèrent dans la réclamation d'un prince français; dans ces glorieux États, où, malgré tant de vices d'origine, siégea Tâme même de la France, on vit, sur la proposition, faite par le légat, de l'acceptation du concile de Trente, toutes les âmes indépendantes, tous les esprits éclairés s'étonner, s'arrêter, comme si, pour la première fois, ils ouvraient les yeux sur l'abîme vers lequel leurs propres erreurs les avaient entraînés*.
On ne peut trop insister sur l'importance de ces idées gallicanes, sur cette force A^ palladium qu'elles eurent à l'époque dont nous parlons; ce furent elles qui décidèrent de la destinée des États : la proposition du légat fut le pas qu'on ne put franchir.
Les De Maistre, les Du Vair, les Cappet, jusqu'à cet avocat Dorléans, qui avait été des plus violents parmi les pamphlétaires ligueurs, tous d'un bond se rejetèrent en arrière, et, du même bond, se trouvèrent reportés dans le camp royal. Il ne resta plus aux États qu'une minorité infime et sans prestige, pour voter cette acceptation du concile à laquelle le légat et Rome avaient tant sacrifié.
L'heure de l'abjuration était sonnée. Elle fut comme l'issue naturelle de ces célèbres pourparlers de Suresnes où la question de souveraineté du Roi, antérieure et supérieure à toute condition et consécration, fut longuement débattue entre l'archevêque de