‹ RomeChapitre 43 sur 186 · LIBERTÉ DU CONCLAVE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DU CONCLAVE

avis ; ne laissant pas aussi de donner à M. le cardinal Ursin * toute la satisfaction possible et faire une considération très particulière des intérêts de sa maison.

Après la mort du pape, il sera bon que tous nos cardinaux fassent connoître au sacré collège et publient par la cour de Rome cpie le Roi, à l'imitation de ses prédécesseurs, ne prétend point empêcher la liberté du conclave, ni se servir des moyens illicites pour violenter les suffrages du sacré collège * ; mais que tout ce qu'il souhaite est de voir élever au pontificat un homme de bien qui soit capable, et qui ait les sentiments d'un vrai père commun, afin qu'ayant les parties requises pour être aimé, estimé et considéré des princes chrétiens, il puisse gouverner la sainte Église avec fruit et édification des fidèles et s'employer sincèrement et efficacement pour la paix générale et le repos de la chrétienté, auquel le Roi, pour ce qui le regarde, a été et sera toujours prêt de contribuer de son possible, nonobstant tous les avantages qu'il a ou puisse avoir à l'avenir sur ses ennemis.

M. le cardinal Antoine aura soin d'assurer les créatures du feu pape Urbain VllI ' que le Roi, qui conserve toujours une vénération particulière pour la glorieuse mémoire de ce digne pape, désire qu'une d'entre elles soit portée au pontificat préféra-

\ . VirgÎDio Orsino, de la grande famille des Orsini de Rome, fait cardinal par Urbain YIII, à la recommandation d'Antonio Barberino. C'était un homme jeune, ami dea plaisirs, orgueiUeux de l'illustre maison d'où il tirait son origine, et probablement désireux, comme l'indique le mot de Mazarin, d'en accroître la splendeur grâce aux libéralités du Roi Très-Chrétien ; il passait pour très dévoué aux intérêts de la France. Retz dit cependant qu'Ursin les trahit au cours du conclave « et à une condition si petite, ajoute-t-il, que, pour l'honneur de la pourpre, je crois que je ferois bien mieux de ne la point dire. » (Œuvres complètes, Édition des Grands Écrivains, t. V, p. 29 et p. 41.) Cette opinion était probablement celle de Lionne; car, en 1662, les termes de Tlnstruction en cas de conclave, donnée au duc de Créquy, ne sont pas favorables au cardinal Orsino.

2. n se trouvait, en effet, que le principal candidat français, le cardinal Sacchetti, avait une réputation de piété et d'austérité. C'étaient des mérites que l'on faisait sonner bien haut. Il n'en est pas moins vrai que tous les moyens de corruption furent employés pour préparer le succès de l'électiou de Sacchetti. Luimême promettait tout à tous. (Voir lettres de Oino et de Tcrranova, citées dans P. DELLA Gattina, p. 160.) Il échoua devant l'exclusion absolue de l'Espagne.

3. Les cardinaux nommés par le pape Urbain VIII formaient la plus importante (action du conclave, son successeur. Innocent X, ayant fait peu de promotions, et n'ayant laissé parmi ses proches aucune tète pareille à celles des Barberins. Mazarin comprenait que sans eux rien ne pouvait se faire. Malgré toutes ses avances, il les eut contre lui m fine.

blement à tous autres, estimant beaucoup leur mérite et s'assurant qu'ils suivront volontiers l'exemple de leur bienfaiteur, en ce qui sera de chérir et considérer cette couronne.

D'autre côté, M. le cardinal d'Esté pourra dire aux cardinaux de la faction pamphilienne * qu'encore que le Roi n'ait aucune obligation à la mémoire d'Innocent X, ni sujet d'être satisfait de son pontificat, néanmoins cette considération ne fait nul préjudice auprès de Sa Majesté à ceux, d'entre ses créatures qui sont d'ailleurs personnes de mérite ; et non seulement elle consentira volontiers à leur élévation, mais aussi elle la favorisera de très bon cœur pourvu qu'ils veuillent demeurer effectivement et sincèrement dans la neutralité, et qu'ils ne prennent point pour leur chef le cardinal Astalli ' ni le cardinal Barberin : Tun condamné déjà par le pape même de partialité pour l'Espagne, et l'autre étant un homme à qui ils n*ont nulle obligation et qui est tout à fait suspect à la France.

Le Roi considère MM. les cardinaux Saccheti ', Ca-

1. Les cardinaux de la faction pamphilienne étaient les créatures d*Innocent X. Hs étaient peu nombreux et leur groupe ne pouvait guère entrer dans une combinaison de vote qu'à titre d'appoint. Mais ils se disaient indépendants. Ils formaient ce qu'on appelle Y « escadron ». Ses principaux membres étaient : Albizi, Astalli, parent très éloigné du feu pape et dont il va être question, Pancirolo, Odescalchi, etc. Ce groupe avait pour directrice là signora donna Olimpia qui avait joui, durant le pontificat d'Innocent X, d'une influence fâcheuse pour la mémoire de ce pontife.

2. Camillo Astalli, qu'une insigne faveur de la fortune porta dès l'âge de vingtdeux ans au cardinalat, était à peine parent d'Innocent X, qui cependant le désigna et le traita comme cardinal-neveu. Une simple entrevue décida de sa fortune. Il reçut du jour au lendemain, en juillet 1650, tous les honneurs et toute la charge du plus important emploi de lA cour romaine. 11 se brouilla rapidement avec la signora Olimpia, qui d'abord l'avait protégé. D'ailleurs, au bout de quelque temps, son inexpérience et sa versatilité amenèrent Innocent X à lui retirer le maniement des affaires extérieures. Dans le temps de sa faveur, il avait paru particulièrement dévoué aux intérêts delà maisoR d*Esp&gae. (\oir Relazioni di ambasciatori Veneti,

GlUSTINIANI, p. 127.)

3. Giulio Sacchetti, Florentin, cardinal depuis 1626, avait failli être pape, dès le précédent conclave. Il avait échoué devant l'opposition absolue du roi d'Espagne près duquel il avait été nonce. Mazarin, dont Sacchetti avait été le protecteur,ravait soutenu en 1644. 11 le porta de nouveau, comme on le voit, en 1655. Sacchetti était un homme de mœurs pures, d'habitudes pieuses, d'extérieur décent. Ses qualités négatives (Retz dit « qu'il n'était bon qu'à peindre »), son grand âge, Testime en laquelle le tenaient ses collègues et le peuple, d'autre part, ses nombreuses démarches, les promesses qu'il avait faites à tous, pouvaient faire considérer son succès comme assuré à la mort d'Innocent X. (Voir l'Ambassadeur vénitien pp. 109,155, et P. DELLA Gattina, pp. 105,159, etc.)

Les Français se déclarèrent nettement pour lui, et ce fut sa perte. Les £spa-

LE CARDINAL SAGCHETTL 9

poni ' et Spada' comme trois des plus dignes sujets et plus capables de soutenir un si grand poids que celui du gouvernement de l'Église universelle, particulièrement en ces fâcheux temps où leur grande expérience et la parfaite connoissance qu'ils ont de toutes choses seroit extrêmement nécessaire pour promouvoir la paix générale, relever Tautorité et la dignité du saint-siège, si fort déchue sous le pontificat dlnnocent X, et remettre dans son ancien lustre le sacré collège, avili au dernier point, et, s'il faut ainsi dire, bafoué par le même pape.

C'est pourquoi Sa Majesté souhaiteroit fort l'élévation de l'un des trois, et elle désire que l'on y travaille avec toute l'application possible, les préférant l'un à l'autre suivant le rang et le même ordre qu'ils sont nommés ci-dessus, et que M. le cardinal d'Ëste en qualité d'ambassadeur fasse savoir à chacun d'eux en particulier l'intention du Roi, pour pouvoir s'employer à leur élévation

gnols n^en voulurent à aucun prix. Dès le début, trente-trois voix se portèrent sur son nom. Il n*en eut jamais plus. Pendant deux mois les votes journaliers se répétèrent identiques : trente-trois bulletins pour Sacchetti et sur les autres Nemini, On rappela le cardinal Trente-trois et on parlait de faire pape le cardinal Nemini. Enfin lui-même, de guerre lasse, comprenant qu*il ne pourrait jamais atteindre la majorité des deux tiers nécessaires à l'élection, sentant que ses partisans même se fatiguaient et cherchaient un autre candidat, prit le parti de se désister. Il était d'ailleurs depuis longtemps lié avec Chigi. 11 allait répétant que celui-ci était le papabie des papables. Il prit le parti d'écrire lui-même en cour de France pour faire lever l'interdit dont Chigi était frappé. Mazarin fut obligé de céder et Chigi devint pape. Ce fut un insuccès pour la faction française et notamment pour Lionne qui, ainsi que l'a clairement établi M. Gérin, se montra tout dépaysé sur ce difficile terrain du conclave et fut loin de donner, en cette circonstance, les preuves de cette habileté dont tant d'autres succès diplomatiques ont d'ailleurs solidement établi la réputation.

1. Luigi Capponi,de Florence, le plus ancien cardinal du sacré collège (promu en 1608 par le pape Paul V). Il passait pour l'esprit politique le plus expérimenté de la cour romaine (voir l'Amb. vénit.,p. 106). Il avait mené autrefois une campagne extrêmement vive contre Urbain VllI.' Sa réputation d*E$pagnol était faite. Il avait été tenu en haute estime et en grande faveur par Innocent X. Aussi je ne m'étonne pas peu de le voir placé en si bon rang par Mazarin. Peut-être la considération de son ige déterminait le rédacteur de l'instruction. Capponi eut jusqu'à 28 voix au cours du conclave. Mais co vote ne fut jamais considéré que comme une manœuvre destinée à cacher les véritables desseins des Espagnols. (Voir lettre du cardinal de Médicis à Terranova, 30 mars, dans della Gattina, p. 175.)

2. fielardino Spada, fils de charbonniers d'un village de Toscane ; cardinal en 1626, « rompu et corrompu dans les affaires », dit Retz. Lui aussi, avait été nonce en France et en était revenu dévoué aux intérêts de cette cour. Il passait pour le plus lettré des cardinaux et on pensait qu'il y avait en lui l'étoffe d'un bon pape. Mais il fut peu question de lui au cours du conclave. Les Espagnols l'écartaient.

selon les avis et les avertissements qu'eux-mêmes leur donneront. Mais parce qu'il ne seroit pas à propos de restreindre Tinclusion à ces trois sujets seulement, se pouvant rencontrer de très grands obstacles à leur élection, Sa Majesté déclare qu'elle ne sera pas moins satisfaite de celle de MM. les cardinaux Altieri *, Gineti *, Palotta', Brancaccio * et Francioto % préférant néanmoins Altieri aux autres.

1. Le cardinal Altieri, Romain, désigné comme Espagnol et comme ambitieux par TAmbassadeur rënitien (p. 121). Il était ami des Barberins (p. isf). Je ne pense pas que ce soit le même qui derint pape en 1669, sous le nom de Clément X. En effet, celui-ci, qui s^appelait Emilio, ne fut éleré au cardinalat que par Clément IX.

2. Martio Ginetti, natif de Velletri^de basse extraction, porté au cardinalat en 1626 par Urbain VIII dont il était des plus familiers serviteurs. Homme de capacité extrêmement médiocre, attaché aux intérêts de TEropire et de la maison Barberini ; n'arait guère d'autre titre à la tiare que son grand âge, plus de 75 ans. Cela suffisait d'ailleurs pour lui donner une extrême ambition. Il fut quelque peu question de lui dans le conclave. Mais je ne sais quel marché qu'il noua avec les Colonna lui aliéna les Médicis qui Técartèrent (V. l'Amb. vénit., p. 110 et P. dblla Gattinà, p. 173). Il avait une réputation d'avarice solidement établie. On disait que s'il devenait pape, il mettrait le trirègno au Ghetto.

3. Giovanni-BattistaPallotta,originaire des Marches, sans naissance,mais instruit, méritant, expérimenté. Cardinal de 1630. U jouait à la cour de Rome le rôle de neutre, a ni Français ni Espagnol». Immobili» foetus mm quasi lapis, disait la devise de Pasquin. Les plus fins observateurs étaient d'avis cependant qu'il penchait vers le parti du Roi très catholique. Il avait lancé contre Mazarin une plaisanterie mordante que celui-ci n'avait pas pardonnée. Au cours du conclave, il proposa, pour rompre les chiens à la candidature de Sacchetti et par pur dévouement, de mettre son nom au scrutin. « Mais personne ne voulut de lui, à cause de sa bonne santé, de ses sentiments et de sa vigueur. » (V. l'Amb. vénit., p. 111 et P. dblla Gattina, p. 173.)

4. Francesco-Maria Branccacio, originaire du royaume de Naples, nommé au cardinalat par Urbain VIII en 1633, uniquement dans l'intention de protester contre certains actes des Espagnols avec lesquels Brancaccio, alors évêque de Capaccio, était en démêlé. Mais, une fois cardinal, Brancaccio se retourna vers le Roi très catholique, et il passait pour des plus dévoués à la cause espagnole. L'Ambassadeur vénitien dit de lui: « è tutto accesso et contrario alla casa Barberina, odiando infinitamente gli aderenti al Christianissimo. » Et pourtant nous voyons que Mazarin le recommandait,— il est vrai aux derniers rangs, — et l'envoyé du duc de Modène écrivait à celui-ci le 16 janvier» que l'Espagne excluait les Napolitains et surtout Brancaccio. » (P. DBLLA Gattina, pp. 157 et 171.) Son nom fut prononcé au cours du conclave. Mais l'avis de l'ambassadeur d'Espagne fut contre lui. Brancaccio était avant tout homme de plaisir, de comédies, de distraction littéraire. Les Français le considérèrent encore comme papable et comme favorable à leurs intérêts en 1662 et en 1672. (Voir ci-dessous : Instructions à M. de Créquy en cas de conclave; et Mémoire sur les sujeU papables. Aff. Étr. Rome, t. CCXLIII, pp. 164-189.)

5. Marc-Antonio Franciotto, do Lucques, appartenait aussi à la faction des Barberins. Homme d'âge, de bonne vie, de littérature et d'expérience, il pouvait faire un pape. Il eut quelques voix.

CARDINAUX PAPABLES. Il

Sa Majesté voudroit bien pouvoir comprendre aussi dans ce nombre MM. les cardinaux Garpegna' et Saint-Clément', Tun pour sa bonté naturelle et pour sa naissance et l'autre pour sa vigueur et sa résolution. Mais ce qui fut fait au dernier conclave contre ledit sieur cardinal de Saint-Clément par quelques-uns des cardinaux français sans ordre néanmoins du Roi, mérite qu'on y fasse réflexion, et Ton doit bien considérer aussi que ledit sieur cardinal Carpegna est d'une maison laquelle a toujours été dans la dépendance du grand-duc, que sa mère est morte au service de la grande-duchesse, et qu'encore à présent un sien frère est majordome du cardinal Jean Carie de Médicis*, joint

1. Ulderico Carpegna, d'une excellente famille d*Urbin. La plupart des renseignements donnés ici par Mazarin sont confirmés par l'Ambassadeur vénitien (pp. 113 et 156). Carpegna était avant tout dévoué à la maison Barberine. C'était d'ailleurs un honnête homme, et qui ne manquait pas d'esprit. H y a un point sur lequel Mazarin se trompe. C'est quand il dit que Fr. Barberin désirait l'élection de Carpegna. n est, en effet, à peu près avéré que ce dernier fut écarté dans le conclave par la faction Barberine. Ce renseignement nous vient de deux sources diverses, il doit être exact. (V. P.i>ELLÀOATTnfA,p. 174, etkicHAUD, p. 182.) L'exclusion de Carpegna eut probablement pour motif les sentiments de ce cardinal que l'on considérait à Rome comme plus français que Blazarin lui-même ne semble le croire. Il échoua de nouveau pour la même cause au conclave de Clément X. On disait encore à son sujet «i qu'il ne fallait pas que le Saint-Esprit vint toujours de Florence ». (Voir A. E. Home, t. CXXVII, fol. 214. vo.)

2. San-Clementi était un moine (dominicain) qui prétendait jouer les Sixte-Quint. U se couvrait de silence et dissimulait de son mieux des aptitudes qu'il disait éminentes, mais qu'à l'épreuve on n'avait jamais reconnues que médiocres. Au dernier conclave, son nom avait servi à quelque intrigue de scrutin. Il avait pu croire que seule rininiitié de la France l'écartait. Son nom fut encore agité au cours de ce conclave. Mais il échoua devant l'hostilité des Jésuites « qu'aucun des partis, dit Retz, n'osait choquer directement » (t. V, p. 37). U ne lui avait serri de rien de cacher pendant dix ans une lèpre que l'odeur révélait et dont ses adversaires étaient prêts à faire, en cas de surprise, un motif d'exclusion. (Voir l'Amb. vénit., p. 120.) On l'a confondu avec le cardinal Maoulano (autrement dit Fiorenzuola). Ils étaient tous deux dominicains. Mais l'Ambassadeur vénitien leur consacre à chacun une notice séparée.

3. Qiovan-Carlo Medici, frère du grand-duc de Toscane, cardinal du U novembre 1644, un des plus jeunes et peut-être le plus distingué des membres du sacré collège. Le Vénitien ne tarit pas sur son compte : <« è signore di sublime intelligenza, di manière eroiche, sublimi e generose... per genio ed inclinazione della sua natura, appUca alla convorsazione di qualunque persona virtuosa, dilettandosi assai della pratica dei cantori, poeti, scrittori et historici » (p. 123). Il eut la plus grande part au conclave. Son oncle, le vieux cardinal Charles de Médicis, avait le secret du Roi très catholique. La correspondance si piquante, si instructive de J. C. a fourni à P. della Oattina la plupart des traits de son récit. On se fatiguerait à citer ses boutades, ses épigrammes contre ses collègues. U est comme un poisson dans l'eau au milieu de toutes ces intrigues : « Si je ne deviens pas fourbe en ce moment, je

que la plupart croient que c'est celui que le cardinal Barberin désireroii le plus de voir pape et sous le pontificat duquel il auroit le plus d'autorité. Il semble donc que la prudence veut qu'on ne se mette pas fort en peine de faire pape ni l'un ni l'autre. Mais si MM. les cardinaux Antoine et d'Esté, d'un commun accord, jugeoient qu'il y eût lieu de se fier à eux et prenoient résolution d'agir en leur faveur, ils ne doivent pas oublier au moins de se bien expliquer à l'un et à l'autre et de les faire bien expliquer aussi et même de prendre toutes les sûretés et déclarations qu'on peut demander en pareil cas.

Autant que le Roi souhaite l'exaltation de l'un des huit cardinaux nommés ci-dessus, autant Sa Majesté est résolue à ne point souffrir celle des cardinaux François Barberin et Chigi *, et elle ne laisse sur ce sujet-là ni tempérament ni milieu àprendre; ihais elle entend et veut absolument que l'exclusion soit donnée à l'un et à l'autre.

C'est le service de Dieu principalement qui oblige Sa Majesté d'en user de la sorte à l'égard du cardinal Barberin, n'ayant que trop de sujet de croire que cet esprit qui n'a ni règle ni mesure et n'est pas d'accord avec lui-même, qui n'est rempli que de jalousie, d'envie et de vengeance, qui, pour un démêlé particulier, ne fit pas scrupule d'allumer la guerre en Italie* avec tant de préjudice de la dignité du Saint-Siège, et tant d abaissement de la gloire du pontificat de son oncle, mettroit la chrétienté sens dessus dessous et ruineroit l'Église. A quoi l'on peut ajouter aussi l'ingratitude qu'il a fait paroître en quittant le service du Roi d'une manière tout à fait outrageuse, et oubliant les obligations extraordinaires qu'il avoit à Sa Majesté, lorsque, fugitif et

ne le deviendrai jamais », ëcrit-il. Les jeunes cardinaux se réunissaient chez lui et on y menait la vie gaie. On jouait au piquet de grosses sommes d'argent et quelquefois des votes. P. délia Gattina (p. 183) a publié une relation du conclave rédigée par Medici et adressée à don Luis de Haro, ministre d'Espagne.

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