‹ RomeChapitre 69 sur 186 · LA FRANCE ET L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET L'EMPIRE

sir, et enfin réduire l'Empire au même état déplorable de servitude qu'avoit fait l'empereur Ferdinand II, son aïeul, avant l'irruption du roi de Suède * et la ruine de l'autorité du Walstein', moyennée par le feu duc de Bavière dans la diète de Ratisbonne de l'année 1630'.

Cette raison est si puissante et probablement touchera si fort l'esprit et le cœur des Allemands qui d'ordinaire n'appréhendent rien tant et avec raison que l'accroissement de la maison d'Autriche, au point de pouvoir donner souverainement des quartiers dans leurs États à ses troupes, que Sa Majesté ne peut répondre qu'une des principales difficultés qui se rencontrera à former la ligue dont il est question, ne consiste au partage ou à la destination que peut-être lesdits princes, pour leur sûreté, désireront qu'on fasse dès à présent des conquêtes qui pourraient être faites avec le temps sur les infidèles. Lesdits princes ont la mémoire si fraîche qu'avant que la France et la Suède eussent, par l'effort de leurs armes et par la conclusion de la paix de Munster, nécessité l'empereur à la confirmation et à l'observation de leurs privilèges et au maintien de leur liberté, ils étoient forcés d'entretenir à la maison d'Autriche une armée de cent mille hommes effectifs, aux dépens de leurs sujets, pour leur propre oppression, qu'il est vrai de dire qu'ils ne craignent pas tant la puissance ottomane, qu'ils appréhendent de se voir réduits une seconde fois au même état d'esclavage. Cette vérité est mieux connue de Sa Sainteté qui a séjourné autrefois parmi eux durant un si long cours d'années, que d'aucune autre personne * : ainsi il est à croire de sa prudence que, dans la négociation qu'elle entreprend, elle s'appliquera principalement à chercher les remèdes à ce mal, portant l'empereur à tout ce qui peut le plus guérir de cette crainte les esprits desdits princes, conmie Sa Majesté la secondera de sa part envers lesdits princes pour les disposer à se contenter de conditions raisonnables pour leur sûreté.

Page 1