‹ RomeChapitre 9 sur 186 · Loc. cit. (t. II, p. 151) ; et Voiot {loc. cit., p · texte numérisé non relu

Loc. cit. (t. II, p. 151) ; et Voiot {loc. cit., p

2. L. Dbuslx, Catalogue des actes de Philippe- Augtiste; A. Durand, 1836, in-8 (p. LXV).

XVI INTRODUCTIOiN.

Il exerce un droit strict en s'opposant au mépris des sacrements. Il prend bien soin d'ailleurs de ménager les susceptibilités du Roi ; car, dans un acte contemporain, il déclare que le roi de France ne reconnaît aucun supérieur dans les choses temporelles ^

 cette même époque, on voit les barons et grands sei^eurs du royaume, Eudes, duc de Bourgogne, Robert de Courtenai, Guillaume, comte de Sancerre, Pierre, comte d'Auxerre, Henri, comte de Nevers, Enguerrant, comte du Perche, Gui de Dampierre, se grouper autour du Roi « pour résister aux injustes prétentions du pape » ; et comme Innocent III s'était avisé de délivrer du paiement de leurs dettes les personnes partant pour la croisade, le duc de Bourgogne écrit à Philippe-Auguste que le pape ne peut, sans le consentement du prince, rien établir qui porte préjudice aux droits du Roi et des barons ; il lui conseille donc de s'opposer aux innovations qu'on voudrait introduire dans le royaume *.

C'est en effet le temps où le pouvoir l«uque, quel qu'il soit, commence à ressentir fortement les inconvénients de la puissance ecclésiastique. Vers la même époque s'ouvre en France une querelle des plus ardentes et qui est intimement imie aux démêlés, entre la cour de Rome et la cour de France : je veux dire la rivalité entre les deux juridictions, la concurrence des tribunaux civils et des cours ecclésiastiques.

Dans le naufrage du moyen âge, l'Église n'avait pas gardé seulement quelques-unes des traditions d'unité et d'ordre qui avaient été celles de l'Empire ; elle avait aussi conservé le dépôt de ce qui avait fait la véritable grandeur de la domination romaine : la jurisprudence.

Le tribunal arbitral des évoques s'était peu à peu transformé. L'autorité de lier et de délier, fondée sur les paroles mêmes du Christ, s'était accrue. La soumission des fidMes et des princes euxmêmes aux lois de l'Eglise et à l'autorité des clercs avait fait le

1. Libertés de l'Église gallicane (édit. 1639, t. II, p. 114).

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