‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 112 sur 246 · Pline, Ep. V, o, 2 : deccssit veleri lestamento; omisit · texte numérisé non relu

Pline, Ep. V, o, 2 : deccssit veleri lestamento; omisit

Le souci de transmettre à d'autres le culte de famille, les sacra, pouvait préoccuper les dévols; la plupart des Romains ne voyaient, dans un testament, que Texercice d'un droit que n'avaient pas les pérégrins et les Latins (factio ieslamenti) *. Ils s'en montraient très jaloux. Ceux qui combattaient pour Rome, dans les légions, avaient réclamé de de bonne heure ce droit particulier et, pour eux, on avait supprimé la plupart des exigences imposées aux autres citoyens; on les supposait ignorants de toute subtilité et pressés; pour le testament des soldats, in procinctu testamentum ', un témoignage de volonté expresse suffisait. Nous verrons qu'on accordait à ceux qui faisaient partie de l'armée certains privilèges.

Le fait de songer à tester, de multiplier les testaments, révélait à l'occasion, dans une armée, des préoccupations et môme une crainte que les soldats n'auraient jamais avouée; c'est ainsi que César comprit, au commencement de la guerre des Gaules, l'effroi que causait dans ses légions l'approche des Germains d'Arioviste : « partout dans le camp on scellait des testaments » '. Ainsi se vérifiait

quos maxime deligebat ; prosecutus est quibus offensior eral (il est mort, ne laissant qu'un testament déjà vieux; il n'a pas fait mention de ceux qu'il aimait le plus; il a favorisé ceux dont il était devenu l'ennemi).

1. C'est seulement plus tard qu'on reconnut la validité du testament fait par le pérép:rin suivant les lois de son pays.

2. Proprement : testament fait au moment où l'on serre le vêtement, tunique ou manteau, afin d'être prêt à combattre.

.3. li. G., l, 39, r; : vuljn in castris feslamenla obsignabantur

môme aux bords du Rhin cette observation des moralistes qui soutenaient que les testaments étaient le « miroir des mœurs » *, et qu'on y trouvait « la seule parole vraie que sût dire un Romain dans toute sa vie, parce que, pour cette fois totit au moins, il ne craignait pas les conséquences de sia franchise » '.

On devine, d'après ce qui précède, combien ont dû être nombreux, combien devaient être instructifs ces curieux documents de la vie privée des Romains. Ils sont malheureusement, pour la plus grande partie, sinon en totalité, perdus pour nous, et ilne nous en reste presque rien, ce qui s'explique par ce fait d'abord qu'on pouvait tester de vive voix ^, et surtout, pour le cas où le testament était écrit, parce que la matière qui le portait, papyrus ou tablettes, était des plus fragiles et ne subsistait pas longtemps. Nous avons quelques extraits des testaments * dans les inscriptions sépulcrales, surtout dans celles qui conservent le souvenir de dons, de legs, de fondations. Les formules sont : Ex testamento licet,,, Kaput ex testamento,^, ; exemplum épistulœ,..; reliquit ex (estamento,,.; legalis ex testament o *.

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