‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 114 sur 246 · Dion, L · texte numérisé non relu

Dion, L

4. Dion raconte qu'Âugusle porta son testament au Sénat (LUI, 31); que Tibère ouvrit le sien devant sa mère et Auguste

loé ROME ET L'EMPIRE.

A Torigine le pouvoir de tester du père de famille est sans limite; c'est seulement plus tard que, dans un intérêt public, la loi établit des restrictions à ce que pouvaient recevoir les femmes {lex Voconia), les célibataires ou les époux sans enfants {lex Julia et lex Papia Poppasa), C'est plus tard aussi que le père de famille s'exposa à voir son testament réformé, comme « inofficieux », s'il n'avait pas donné à son ou à ses enfants le quart de ses biens *,

Nous avons vu qu'en faveur des soldats, la loi supprimait ou modifiait dans les testaments militaires [testamenta in procinctu) les règles qu'elle imposait, sous peine de nullité, dans la vie civile, notamment pour ce qui concernait le nombre des témoins, les termes employés, etc. Autre privilège : le fils, quoique étant encore sous la puissance paternelle, pouvait, s'il était soldat, disposer librement de son pécule.

La société romaine se distinguait de la nôtre d'abord par le grand nombre des testaments, et aussi parce que les legs et les successions étaient un des moyens les plus usités à Rome pour s'enrichir rapidement. C'est par des legs qu'on prouvait sa reconnaissance à son avocat, à ses protecteurs. Les petites gens mettaient leur vanité à laisser de tels souvenirs à de grands personnages : ceux-ci

(LIV, 9 fin); C. Germinius Rufus, soupçonné après la chute de Séjan, apporta son testament (ibid., LVHI, 4 fin, etc.). \. JnsL, IV, iS fin.

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LES TESTAMENTS. lo5

acceptaient tout. Noussommes quelque peu étonnés de voir Cicéron et Clodius se rencontrer, la veille du meurtre commis par Milon, au chevet d'un architecte grec, Gyrus, qui leur laissait à tous deux une part de son héritage et qui les avait priés de mettre leur sceau à son testament ^ La manière dont Cicéron rappelle le fait, prouve qu'aux yeux des anciens, il était des plus simples, et que chez eux il n'étonnait personne. Parmi les occupations multiples de la vie de Rome où l'on ^dispersait son temps, Pline cite celui qu'on employait à aller signer le testament {signare ou obsignare testamentum) d'un ami*. Atticus avait joint à sa grande fortune des legs nombreux laissés par ses amis et ses protégés. Cicéron se fait un titre d'honneur ^ d'avoir reçu en legs plus de vingt millions de sesterces (4 millions de francs). Enfin Auguste, dans son testament, atteste avoir reçu 4 milliards de sesterces (soit 800 millions de francs). Il n'y a dans nos habitudes rien d'analogue, à beaucoup près.

Mais nous avons dans nos « droits de succession » une reproduction , sous d'autres formes , de la célèbre vicesima imaginée par Auguste. Le premier (l'an 6 après Jésus-Christ), Auguste eut l'idée de tourner au profit de l'État cette forme caractéristique de la vie romaine; sur chaque héritage, sur tout legs testamentaire, à moins que l'héritage ne fût

i, Pro. Mil., xviii, 48.

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