‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 116 sur 246 · L'enceinte consacrée · texte numérisé non relu

L'enceinte consacrée

sans famille, et Ton ne peut croire avec quelle obséquiosité infatigable sont courtisés à Rome les hommes sans enfants * », Ce témoignage fort exact, quoique postérieur de deux siècles, prouve que, dans l'intervalle, le mal n'avait fait qu'empirer. Les textes les plus nombreux montrent combien il sévissait, dès le commencement de Tempire.

Ce que Tacite verra et louera d'abord en Germanie, c'est que là les enfants héritent de leurs parents ; qu'on n'y fait pas de testaments ; que les vieillards y ont d'autant plus de crédit qu'ils s'appuient sur plus de proches et d'alliés; qu'enfin l'on n'y attache pas tant de prix à la solitude dorée (orbitas) *. A Rome toute « maison sans enfants », toute maison où il n'y a que des filles est chère aux captateurs. Catulle décrit la nuée de vautours, voltigeant déjà près de la tête chenue, tout à coup mise en fuite par la naissance d'un petit-fils *. Jamais captateur, ayant du flair, ne s'attardera dans une maison où s'ébattent dans la cour un petit Énée {parvulus ^neas) ou môme quelque fillette *. Parmi ses clients le patron n'estime que ceux qui n'ont pas d'enfants : que gagnerait-il à la mort des autres?

Personne n'a flétri, en termes plus énergiques que Sénèque, l'égoïsme de ces vieillards qui exploitent leur solitude, et feignent de haïr leurs enfants

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