Juvénal, VI
LES TESTAMENTS. io9
liberorum S par dispense spéciale, les empereurs détruisaient d'eux-mêmes, par avance, toute l'action de la loi.
D'autre part les intéressés ne manquaient pas de se retrancher derrière les libertés que leur garantissaient d'autres lois. A toute rigueur, il y avait des moyens légaux et très commodes de se tirer de ces c< mariages forcés » : rien de si facile. La loi nouvelle stipulait que, dans les élections, la préférence serait donnée aux candidats mariés et ayant des enfants. Pour éluder leur infériorité légale, les candidats célibataires contractaient, juste avant le vote, des mariages dont le divorce les délivrait, aussitôt après l'élection ; et de même ils adoptaient des enfants, qu'ils se hâtaient d'émanciper, dès qu'ils avaient obtenu les prétures et les provinces qu'ils recherchaient. Tacite * rapporte les plaintes des Romains mariés et pères de famille, ainsi joués par des rivaux sans scrupules. Le sénat décida bien, sur ces plaintes, que les adoptions feintes ne compteraient plus. Bon billet pour les candidats pères de famille que de tels sénatus-consultes I Au milieu du i*^*" siècle, la captation était devenue un art qui avait ses règles. Sénèque cite ^ à
1. Droits, privilèges accordés par la loi à ceux qui avaient trois enfants.