Ann., XV
3. De Ben., VI, 38, 4 : Arruntius et Haterius et ceteros qui caplandorum ieslamentorum artem professi sunt (Arruntius et Hsrterius, et les autres qui ont professé l'art de capter les testaments).
Le crime de faux est de tous les temps et de tous les pays. Mais on comprend qu'il ait été plus fréquent ou qu'on Tait cru tel, dans une société où se faisaient tant de testaments, et où ils avaient tant d'importance. Dès que la richesse était tout et donnait tout à Rome, la tentation était vive, irrésistible d'employer ce moyen de brusquer la fortune : ceux qui y cédaient, devenaient en un moment capables de tout oser. D'autre part, ceux qui étaient déçus dans leurs espérances, étaient nombreux ; ils ne manquaient pas d'accuser de vol et même de crime leurs concurrents plus heureux. Ajoutons enfin que les moyens de découvrir le faux et d'en convaincre le coupable, étaient alors moins nombreux et moins précis que ceux que peut fournir la chimie et le progrès de la science aux experts de notre temps.
Les satiriques ont pu exagérer ; mais il n'est pas douteux qu'on n'ait commis à Rome bien des faux, et que beaucoup soient restés impunis. On comprend que, devant ces fortunes subites dues à un crime, l'opinion se soit révoltée, et Juvénal exprime sûrement le sentiment général, quand il s'indigne * de rencontrer, « dans sa civière à six porteurs, étalé bien à l'aise devant tous et se donnant des airs de Mécène, ce faussaire qui s'est fait riche et élégant avec de petites tablettes, en mouillant une bague à cachet {exiguis labulis et gemma,.,, uda) ».