Sat. I, 64 et Huiv
LES TESTAMENTS. i63
Nous ne pouvons lire le Légataire universel de Regnard sans nous faire Tobjection, que la fantaisie du poète arrive, dans cette comédie si gaie; aux dernières limites de la vraisemblance, surtout, dans la grande scène du testament. Et voici qu'une petite phrase de FHistoire-Auguste * nous montre que les mauvaises langues de Rome avaient prétendu qu'une scène tout à fait analogue avait été jouée au Palatin, Fenjeu n'était rien moins que Fempire du monde *.
On dira que, dans cette société qui va tout à Fheure créer le droit écrit, il devait y avoir des magistrats et une répression contre les crimes. Cela est sûr; mais, pour échapper à la répression, ceux qui avaient risqué de faux testaments employaient d'ingénieux moyens qui très souvent ont dû réussir. Dans Facte fabriqué à loisir, ils inséraient comme légataires les noms de grands personnages politiques et d'orateurs éloquents. Rien n'était plus facile, et en cela ils se conformaient, nous l'avons vu, à un usage du temps. Qu'arrivait-il? Quand on ouvrait le testament, les légataires improvisés ne s'étonnaient nullement de recevoir un legs important, même d'un inconnu;