‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 135 sur 246 · Ihid,, XX, in. y · texte numérisé non relu

Ihid,, XX, in. y

180 ROME ET l'empire.

montagnes, et, si Ton pouvait, à proximité de bois et de lacs ; ou bien on profitait de cet admirable littoral, qui fait le privilège de Tllalie, et qui séduit aussitôt l'étranger par ses variétés d'aspect, par la continuelle caresse de ses flots, suivant Theure, nimbés d'or, pailletés d'argent, ruisselant, étincetant; ce rivage de la mer bleue qu'au delà des Alpes, les yeux cherchent d'abord, et qu'ils ne se lassent plus de contempler.

Les anciejis cédaient comme nous à cette séduction; ils connaissaient et savouraient les délices de la baie de Naples. Mais fût-elle ailleurs, une villa eût manqué de l'essentiel si l'on n'y pouvait jouir de la vue de la mer, de « leur mer ». Dans une salle à manger secondaire {cenatio) de la villa de Pline, à Laurente, outre les belles villas du voisinage, on découvrait « au loin la mer et aussi une très grande partie du rivage » \, Dans un autre triclinium, on n'entend que le bruit des vagues et encore fort aflaibli ' ; mais c'est une jouissance encore qu'on Vient chercher là, et qui caractérise cette partie de la villa. Une autre salle à manger a pour Pline cet avantage, que, lorsque donne le vent d'Afrique, les flots viennent baigner les murs et se briser aux pieds de l'édifice. Comme la salle a de tous les côtés de grandes portes et des fenêtres qui ne sont pas moins larges, la vue des convives pouvait

1. II, 17, 12 : quœ latissumum mare, longïssimum litus, amœnissimas villas prospicit.

Page 1