‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 138 sur 246 · Ep, VUl · texte numérisé non relu

Ep, VUl

autrefois par un homme célèbre : on citait celles de Cicéron, d'Hortensius, de Lucullus, etc. Pline * félicite un jour, par lettre, un de ses amis qui jouit de la vie de campagne, dans une villa qui avait d'abord fait le bonheur d'un personnage parvenu ensuite au faîte des honneurs. Comme il n'a pas nommé cet illustre personnage, nous ne savons pas bien de qui il s'agit.

De toutes ces villas, il ne reste rien pour la plupart. On peut tout au plus en reconnaître la place d'après les montagnes qui les entouraient, ou d'après le voisinage des lacs ou de la mer. Ces rendez-vous de plaisir sont devenus des lieux de pestilence. Les dévastations des anciens et des modernes se sont ajoutées à l'action du temps, et la destruction a été d'autant plus rapide que les villas, isolées et partant plus exposées, étaient aussi moins résistantes que les autres édifices. Aussi est-ce uniquement par les témoignages et par les descriptions des anciens, que nous pouvons nous faire une idée de ce qu'étaient en général leurs maisons de campagne.

Mettons d'abord à part les villas princières,

construites, ornées suivant le goût de l'empereur

qui les habitait. Antonin en avait une à Lorium,

dont il faisait son séjour de prédilection. Tout y

répondait à la simplicité de mœurs du maître. Là

pas d'autre fête que celles des moissons ou des

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vendanges; les plaisirs ordinaires consistaient en promenades ou chevauchées dans les environs, et c'était un incident que la peur causée à des bergers, par la brusque arrivée du jeune Marc-Aurèle, parcourant à cheval les environs*.

Tout autre était Ja villa somptueuse qu'Hadrien s'était fait construire au pied des collines de Tibur. J'en ai dit déjà quelques mots *; par ses ruines on juge encore de sa vaste étendue, de Taspect grandiose de ses édifices. Les fêtes données dans ses deux théâtres, dans son stade, alternaient avec les réunions solennelles tenues « au Lycée, à l'Acadéinie » ou « au Pécile » ; sortis de là, grâce « à Tempe, au Canope », l'empereur et sa compagnie pouvaient, en un moment, se croire transportés aux frontières orientales de l'empire.

De telles villas font toujours exceptionj il faut consulter d'autres descriptions pour rester dans la moyenne des usages. Mais nous verrons que toutes étaient à Rome beaucoup plus vastes, bien plus ornées que ne le sont celles des modernes; on y prodiguait statues', mosaïques, péristyles; il y fallait des salles à manger de tous genres et pour toutes les saisons; à défaut de lac, un « Euripe » *>

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