On appelait ainsi, en souvenir du détroit qui sépare
un bois de platanes épais; des portiques et des cryptoportiques, où le maître se faisait porter {gestationes), si bien que les villas les plus modestes occupaient une immense étendue; à les voir on eût dit « qu'il y avait là plusieurs villes » ^ Nous pouvons nous faire quelque idée du caractère de ces maisons de campagne, prises dans la moyenne, d'abord, par ce que dit Pline des deux villas qu'il possédait, et d'autre part, par les descriptions que Stace a faites des maisons de campagne de ses riches protecteurs.
Les silves de Stace sur les villas de Manilius Vopiscus à Tibur ', de Pollius Félix ® à Sorrente, abondent, suivant la coutume du poète, en détails mythologiques. Il ne ménage pas les flatteries : à l'en croire, partout la nature et l'art ont lutté pour embellir ces charmants séjours. Il est probable que le poète a brodé, mais sur un fond vrai.
Il raconte que, dans les deux villas, on avait dû s'attacher d'abord à tirer parti de la disposition des lieux : dans la villa de Vopiscus à Tibur, TAnio, passant au milieu des portiques de marbre qu'il réfléchit, répand partout la fraîcheur et la verdure; la vue des forêts voisines promet un calme
l'île d'Eubée de la Grèce, des bassins sans doute allongés, ornés de cascades, de ponts, et entourés parfois de portiques et de statues.
. 1. Pline le Jeune, lï, 17, 27 : prœstant muUarum urhium faciem. Cf. Tacite, Ann,, 111, 53 : villarum infinita spatia (nos villas dont l'étendue est sans fin).