Trebellius Pollion, Tyr. Irig., 2» (P. U, p. 124 au bas
de différences. L'écart est tout autre quand on passe à ce qui forme la seconde période de l'éducation, à l'enseignement des rhéteurs.
L'élève pouvait ici montrer un peu mieux ce dont il était capable, et on lui faisait entendre qu'il jetait les fondements de son avenir. Pour développer ses qualités naturelles, il racontait, dissertait, argumentait, déclamait; mais surtout il apprenait à ramasser toute une argumentation, tout un groupe d'idées en un beau trait (sententia) *. Les auditeurs étant las et blasés, il n'y avait d'autre moyen de réveiller leur attention ; tant pis si l'on n'y arrivait (et c'était l'ordinaire) qu'aux dépens du bon sens. ^e « jargon de collège » des écoles du moyen âge * était sans doute plus raisonnable que tout ce qu'imaginaient les jeunes bavards, qui débitaient publiquement, dès dix-huit ans ' et avant cet âge, toutes leurs extravagances.
On attachait ensuite ces lambeaux de pourpre à des sujets qui ne valaient pas mieux. On connaît par Sénèque, par Quintilien, quelles situations bizarres étaient imaginées et admises partout comme naturelles : enlèvements par des pirates ; expositions de jeunes filles; séductions avec l'alternative finale pour le séducteur d'être mis à mort