‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 153 sur 246 · Essais, I · texte numérisé non relu

Essais, I

de l'empire et dans l'Histoire-Auguste. Les jeunes Césars déclament publiquement* et récitent leurs vers. Tous les empereurs prétendent à l'éloquence ; cela est de leur office. Sous Galigula, l'orateur le plus célèbre du temps, Domitius, ne fut sauvé des rancunes jalouses du despote, qu'en feignant d'être troublé, et en se reconnaissant publiquement vaincii parle talent de l'empereur*. Le fils de l'empereur Carus, Numérianus, ayant prononcé un beau discours au Sénat, on vota qu'on lui élèverait dans la bibliothèque Ulpienne, non pa^ comme César, mais comme rhéteur, une statue ayant ce titre « à Numérianus César, l'orateur le plus capable de son temps ^ ».

On avait remarqué il y a longtemps combien a été puissante et aussi combien a été fâcheuse l'influence des écoles de rhéteurs sur la littérature de l'Empire. Que des poètes qui déclament comme Lucain et Juvénal, que des prosateurs, moralisant à outrance, comme Valère-Maxime, ou pérorant sur tout, comme Florus, aient dû une partie de leurs défauts au mauvais goût de leurs contemporains, chacun le sait de longue date. Mais c'est de nos jours seulement qu'on a montré des traces certaines de cette influence jusque dans les chefsd'œuvre de l'âge d'argent, jusque dans les Annales

1. Ainsi Numérianus^ xi, 1 (P. II, p. 238, IG); cf. Suétone, sur Néron, ses discours déclamés et ses vers : 10 fin*

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