LES LIVRES
Pour avoir une idée moins incomplète de la vie intellectuelle des anciens, à côté des élèves et des maîtres, replaçons ce qu'on pourrait appeler les accessoires de l'école : livres, bibliothèques, mode de publication, toutes choses qui étaient chez eux tout autres que chez nous, et dont la différence a dû laisser des traces dans la forme môme de leurs œuvres littéraires.
Remarquons d'abord que les livres, malgré la fragilité de la matière dont ils étaient formés (je parle bien entendu du papyrus), étaient moins rares qu'on ne le croirait. Si les bibliothèques privées ne dépassaient guère d'ordinaire mille ou deux mille volumes, on en cite cependant qui étaient de beaucoup plus riches. Un physicien du m° siècle, Serenus Sammonicus, l'ami de Gordien le père et le précepteur de son fils, en possédait, nous dit-on,, soixante-deux mille*. C'est un beau chiffre, même
4. Lampride, Alex. Sev., m, 3; cf. la fin de la note précédente.