OU ÉTAIT L*INFÉRIORITÉ DES ANCIENS
A cette supériorité de l'antiquité il est cependant un revers qui n'est pas sans importance : pourquoi ne pas rendre à nos contemporains la justice qui leur est due? Les amateurs modernes ou du moins beaucoup d'entre eux ont sur ceux de l'antiquité l'avantage d'être mieux renseignés ; de mettre dans leur recherche plus de méthode ; leur admiration mieux raisonnée prête moins aux caprices et à l'arbitraire.
Les anciens avaient des collections; mais il est douteux que celles-ci aient été formées, comme nous le voulons, uniquement en vue de l'art et d'une manière désintéressée. Avaient-ils des catalogues dans le sens que les modernes attachent à ce mot? On a pu soutenir que maîtres et visiteurs ne disposaient que de listes avec descriptions, plus ou moins détaillées, œuvre de périégètes *. Collections, cicérones, on accorde tout cela aux anciens ; mais nous ne sommes pas sûrs qu'ils aient même eu l'idée de ce que nous appelons l'histoire de l'art.
Il n'est pas douteux non plus, que, parmi ces prétendus connaisseurs, beaucoup se soient fait souvent voler, et qu'on ait fait payer à maint acheteur, comme originaux, de simples copies et, comme antiquités, des vieilleries sans valeur aucune. Telle