‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 19 sur 246 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

appelons les natures mortes : fleurs, fruits, comestibles. L'important était de les disposer, d'une manière heureuse, en relevant le tout par des masques du théâtre ou des ornements de ce genre, et c'est dans cet arrangement que se montrait le talent du mosaïste. Sosus le premier eut l'idée de représenter ce qui couvre la table, non avant, mais après le repas; les mêmes choses prenaient ainsi un autre aspect, qui les rapprochait davantage de la réalité. On se mit donc à dessiner des salles non balayées {asarotos œcos, ou en abrégé des asarota). Pline ajpute ce détail, que Sosus avait placé dans l'une de ces mosaïques des colombes à terre, près d'un bassin; « l'une d'elles buvait, et l'on voyait sur l'eau l'ombre de son cou; les autres, perchées au bord du bassin, se grattaient ». Nous n'avons présentement ni tableau ni mosaïque ancienne qui reproduise tout cet ensemble; mais nous en avons presque toutes les parties, et, pour quelques-unes, nous avons plusieurs répliques; il est probable que le chef-d'œuvre de Sosus aura été divisé suivant la méthode habituelle aux artistes anciens, qui, par des suppressions ou des changements de détail, croyaient renouveler et s'approprier un sujet *. Sous cette forme fragmentaire, la reproduction de l'œuvre de Sosus est arrivée jusqu'à nous presque, en entier. Ainsi le motif des colombes faisant leur toilette, picorant, traînant une série de perles, noiis

Page 1