CHAPITRE XII
I. L'armée de l'empire en général. — L'esprit militaire esl soigneusement entretenu dans l'armée par les empereurs. — Récits militaires dans les historiens de Tempire, surtout dans Tacite.
IL L'armée d'Afrique. Les trois provinces.
l'' Composition de l'armée chargée d'occuper et de défendre les trois provinces. La legio tertia Augiista et ses auxiliaires. Les cadres. Les cohortes auxiliaires et les troupes indigènes de Maurétanie.
2** Régime administratif de l'armée d'Afrique. — Son recrutement. A partir de la fin du second siècle, la legio tertia Augusta, et sans doute aussi les troupes auxiliaires se recrutent uniquement en Afrique. — Ses subsistances. — Culte officiel et culte privé des légionnaires et des auxiliaires. — Exercices. Constructions. — Les esclaves de soldats. — Le mariage des soldats. — La solde ; les gratifications; dépôts au trésor de la légion. — Collèges funéraires et schobe ou sociétés de secours mutuels entre officiers et sous-officiers du même cadre. — Colonies de vétérans.
3° Le camp.
III. Malgré les différences tenant au climat, l'armée de Tempire avait son unité. — Les empereurs avaient su en somme s'attacher les officiers et les soldats.
L*ARMÉE DE l'eMPIRE EN GÉNÉRAL
Écartons les vaines apparences, aussi bien les organes de l'ancienne constitution désormais atro-
À L'àRMëE D'AFRIQUE. 263
phiée, que les dehors mensongers sous lesquels le pouvoir nouveau dissimule sa force; de même que tout, dans le gouvernement, dépend d'un seul, la force de l'empire est tout entière dans l'armée. Voyons comment est recrutée, organisée l'armée impériale; comment elle s'est transformée d'un siècle à l'autre; c'est ici Torgane essentiel du nouveau régime : voyons ce qu'il vaut et comment s'y manifesté la vie.
. Remarquons d'abord que les empereurs, si différents qu'ils fussent d'esprit et de mœurs, sentaient et ne cachaient pas que leur force était là. Ce que Septime-Sévère conseillait avec un certain cynisme à ses enfants *, tous le savaient, et ils agissaient en conséquence. Aux grands jours, aux avènements comme aux jours d'émeute, les Césars, leiirs appuis, leur famille vont d'abord au camp prétorien. Quand l'empire n'a plus dépendu des prétoriens seuls, c'est toujours vers ses soldats que se retourne l'empereur, en toute occasion. Ils sont ses camarades {commilitones), et il est avant tout leur chef*. Les pires empereurs s'appliquent avant tout à entretenir dans l'armée l'esprit militaire, sauf bien. entendu à l'exploiter pour leur compte. Les mots caractéristiques, où se traduit cette