‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 191 sur 246 · Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste · texte numérisé non relu

Enrichissez les soldats et moquez-vous du reste

2. Suétone, Galba, 20 : Âd primum tumultum : quid agitis commilitones f ego vester sum et vos mei (Au premier moment de tumulte : que faites-vous là, dit-il, camarades? je suis à vous comme vous êtes à moi). Mettons à part Trajan, voir p. 331, note 1.

intention, cette confiance habituelle des empereurs, abondent dans les historiens. On conte d'un tribun, compromis dans la conjuration de Pison et conduit à la mort, qu'il se plaignit, au moment de l'exécution, « que sa fosse même ne fût pas creusée dans les règles » '; de même les empereurs, devenus aux jours d'émeute, à leur dernier jour, le jouet de la soldatesque, se plaignent, non sans quelque naïveté, qu'on outrage en eux la majesté du commandement. L'indigne Vitellius n'y manque pas '. Galba conservait mieux cet esprit militaire et montrait plus de désintéressement quand, sur la nouvelle qu'on avait tué son compétiteur O thon, comme un soldat s'en vantait, il répondit : « Camarade, qui en a donné l'ordre '? »

L'armée relève de l'empereur, non de l'État : c'est un principe que les princes maintiennent soigneusement. Un sénateur, Junius Gallion, ayant paru l'oublier, dans une proposition d'honneurs à accorder aux prétoriens vétérans, fut durement exilé par Tibère *.

On faisait parfois de ce principe des applications plaisantes, par exemple en escomptant le

Page 1