Voir l'étude générale au tome XlX de VHermès
(l'abord et rester uniquement les soldats de Rome. Agir autrement eût paru compromettre la discipline. D'après ce plan général, Tarmée d'Afrique comprenait des soldats venus de tous les pays, mais particulièrement de la Gaule et des régions de TOccident. En effet c'était la règle, sous Auguste, que les levées se fissent en Italie et dans TOccident latin, pour les légions de l'Occident; dans les pays grecs, pour les pays d'Orient. Quand, à partir de Vespasien, les Italiens cessèrent de servir dans les légions, c'est d'Orient que vinrent les recrues de l'armée d'Afrique; mais ce qui importe bien plus, car c'est le changement qui va chaque jour s'accentuer, la légion commença, dès ce moment, à se recruter sur place; non plus par le choix exceptionnel de telle recrue africaine, à qui on aura fait une faveur : dès lors on voit paraître régulièrement sur les. listes et revenir de plus en plus, parmi les mentions d'origine, les villes d'Afrique et la mention caractéristique : soldat né dans le camp même (castris).
Le nouveau système se généralisa, et il fut adopté dans toutes les provinces, à partir du règne d'Hadrien. C'est sur place qu'on leva désormais les nouveaux légionnaires. On apprit, dans le même ordre d'idées, à se ménager pour l'avenir d'excellentes recrues, en organisant, dans le camp même, des écoles d'enfants de troupe, qui, surveillés par un officier, touchaient des rations et, ongtemps à l'avance, se rompaient à la vie à laquelle
ils étaient destinés. Par un passage de Végèce *, on voit que, malgré tous les règlements, les troupes avaient toujours traîné à leur suite des enfants {pueri) qui, dans les moments critiques, ajoutaient à Tencombrement des bagages. C'était une misère que le moyen indiqué tourna au bien de Farmée. Plus tard le code Théodosien reconnaîtra et réglera l'institution de ces familiœ mililum.
L'essai en avait été fait beaucoup plus tôt. Faute d'une décision claire de la loi, il se trouvait que les enfants des soldats n'étaient en fait ni bâtards, ni légitimes. Or nous voyons qu'en Afrique, ils obtiennent, dès l'incorporation, le^M* civitatis. Ces anciens enfants de troupe forment d'abord le tiers, puis la moitié des recrues. Dès le m° siècle, ils seront la recrue normale delà légion ; aux anciennes levées faites dans les provinces, on aura substitué ainsi de véritables engagements volontaires, faits dans le pays où est fixée la légion.
On est moins bien renseigné sur le mode de recrutement des troupes auxiliaires. Leurs noms montrent qu'à l'origine ces troupes avaient été formées par des levées, provenant de toutes les provinces, même des plus éloignées : de la Thrace, de la Bretagne, du pays des Parthes. Seules une aile et deux cohortes se composaient d'Africains. Les numeri connus étaient tous formés d'Orientaux^