LES BARBARES
Si les soldats et les chefs venus sur la frontière ne manquaient pas de regarder au delà, les purs Romains, ceux qui ne quittaient pas la capitale, n'étaient pas pour cela moins curieux de tout ce qui concernait les barbares et particulièrement de tout ce qu'on disait de leurs mœurs ^
1. Sénèque, De Otio, v, 32 : Tlaec res (ciipido ignota nôscendi)... populos... cogit... mores harbararum auclire gentium (Le désir de connaître ce qu'on ignore, force les peuples à écouter ce qu'on raconte des mœurs des nations barbares).
29i ROME ET L'EMPm*E.
Les habitants des sept collmes ne voyaient que par occasion les captifs, vrais ou faux, qui précédaient le char des triomphateurs; ils ne connaissaient ces pays lointains que par les récits très mêlés de ceux qui revenaient de Tarmée, et par les livres, de plus en plus nombreux et très mêlés aussi, qui prenaient pour sujet les guerres extérieures ou la description de la Bretagne ou de la Germanie. Dans l'intervalle, l'idée qu'on se faisait des barbares, revêtait, dès le commencement de l'empire, une forme concrète dans les monuments figurés, où on leur donnait chaque jour plus de place, notamment dans les colonnes triomphales, les basreliefs et les groupes de statues qui ornaient la ville.