‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 218 sur 246 · Ad Catull · texte numérisé non relu

Ad Catull

leux, ce sont les passages où il parle des barbares et les traits par lesquels il les peint, que nous irions chercher de préférence.

Sidoine aime sa patrie même envahie et ruinée ; mais il ne sépare pas les Gaules de Tempire ; toute son admiration est pour Rome : « Ce domicile des lois, le gymnase des lettres, cette curie des dignités, la tête du monde, la patrie de la liberté, la seule ville de l'univers où les provinciaux soient chez eux, où seuls les barbares et les esclaves se sentent à l'étranger * ». Voilà bien le langage d'un provincial ébloui et d'un consulaire de .fraîche date ; la première partie de la phrase rappelle un temps qui n'est plus; la fin est une véritable antiphrase : en attendant que la situation change pour les esclaves, les barbares qui ont pris et repris Rome, vont y revenir; ils s'y trouveront si bien chez eux qu'ils seront près d'un siècle avant d'en sortir. Et jusqu'à la Renaissance, on remarquera que, pour d'autres raisons, il est vrai % à Rome les étrangers « sont en leurs propres offices et biens et charges », tandis qu'à Venise, tout en étant libres, « ils sont chez autrui pourtant ».

1. Ep. I, 6, 2, in qua unica totius orbis ci vitale soli harbari et servi peregrinentur,

2. Montaigne, Voyage, à la fin du séjour à Rome, éd..in'4, p. 168.

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