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UN REPRÉSENTANT DE LA SOGIËTË ROMAINE DE LEMPIRE. PLINE LE JEUNE

Un représentant de la société romaine de l'empire : Pline le Jeune.

I. Sa famille. Sa carrière politique; sa fortune. — Son éloquence, sa réputation. — Les deux villas qu'il décrit. — Ses lectures publiques et son admiration pour les lectures des autres. Anecdotes.

II. Pline et Trajan. — Visite de Pline à Cenlumcellx. — Le panégyrique : il fournit à l'historien les renseignements les plus précieux sur l'histoire de^ce temps. — La correspondance de Pline et de Trajan ou dixième livre des Lettres. C'est Trajan qui, dans ces lettres, a le beau rôle.

m. Les autres lettres. — Toutes ont été revues et retouchées. Renseignements précieux que Pline nous a transmis sur son oncle, sur le temps de Domitien. Anecdotes. — Les ennemis de Pline. Procès de Priscus et de Classicus. Régulus. — Les amis de Pline. — Les autres correspondants de Pline : quasi anonymes. — Caractéristique de Pline. 11 a des défauts dont quelques-uns nous paraissent bien singuliers : sa vanité, sa crédulité; une certaine étroitesse d'esprit; mais de ces défauts quelques-uns valent pour nous des qualités. — Outre ses autres qualités, il avait la plus précieuse de toutes, la bonté.

Il y a, dans les premiers siècles de TEmpire, nombre d'écrivains dont les modernes goûtent la personne et le caractère au moins autant que leurs ouvrages. On a beaucoup étudié et Ton ne se lasse pas de lire Plutarque et Lucien; le bon empereur

Marc-Aurèle et son cortège de philosophes, Épictète et à quelque distance Sénèque; les satiriques, si précieux et si suspects pour tout le mal qu'ils disent de leurs contemporains. Mais si Ton voulait réunir dans le portrait d'un Romain de l'empire la plupart des traits caractéristiques de la société de ce temps, nul ne la représenterait mieux que Pline le Jeune. Par son origine, par ses attaches de famille, par ses relations politiques et littéraires; par son rang et la carrière qu'il a parcourue non sans éclat; par ses préjugés et aussi par son honnêteté et par son talent, il est plus exactement, plus complètement que nul autre, un vrai Romain diiv^ siècle*. Élève de Quintilien, ami de Tacite; honoré de la confiance de Trajan et chargé par lui de hautes fonctions : autant de titres qui distinguent suffisamment Pline de la plupart de ses contemporains. Il parle très volontiers, ou plutôt, dans ses lettres, il ne parle presque que de lui. S'il n'est pas modeste, il est honnête et sincère. Nous nous étions jusqu'ici placés à des points de vue différents pour nous faire une idée do la société du I" siècle; essayons ici de la voir d'ensemble par Pline et autour de lui.

1. A l'avènement de Trajan, ce^ Romains en vue, et qui personnifiaient l'âge précédent, disparaissaient avec rapidité; grâce aux crises politiques qui se succédèrent si vite, quelques années suffirent pour emporter toute leur génération. Pline le constate (III, 7, 9), non sans mélancolie, à propos de la mort de Silius Italiens, le dernier des consulaires nommés par Néron.

VIE DE PLINE. SON CARACTÈRE. SES MAISONS DE CAMPAGNE. PLINE AUX LECTURES PUBLIQUES

Sa vie, sa famille, sa fortune sont bien connues. Son oncle, le naturaliste, qui Tadopta, s'était appliqué à lui apprendre le prix du temps, en lui inculquant Tamour du travail et des livres. Pline le Jeune vit surtout dans les lettres la gloriole qu'elles procurent; ce fut son faible, et il dépensa sa vie pour se faire un nom qui passât à la postérité. Nous ne retrouvons pas en lui, à ce qu'il semble, l'activité de son oncle; mais il n'eut ni son âpreté de caractère *, ni les mêmes bizarreries, ni ses préjugés.

Reconnaissons-lui le mérite de s'être fait aimer de ceux qui l'entouraient. Sa troisième femme, Calpurnia, avait pour ses œuvres une admiration passionnée. Elle chantait ses vers sur la cithare ; derrière une tapisserie, elle écoutait ses lectures publiques, et, quand elle ne pouvait assister à ses succès, elle se faisait renseigner de moment en moment, par des esclaves, sur le nombre et la chaleur des applaudissements '. Ce n'est pas peu de chose que d'inspirer une telle affection.

Questeur à vingt-sept ans, Pline fut nommé

1. III, 5, 8 : acre ingenium, incredibile studium, siimma vigilanlia (un esprit plein d'énergie, un amour incroyable de l'étude, une extrême vigilance).

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