IX
5. Nous admirerions beaucoup plus ce succès, si nous ne craignions d'y trouver une réminiscence de ce qu'on racontait de Gicéron, quand il prononça son Pro Cornelio : Quintilièn, V11I,3, 3.
dans d'autres cas, chargé par le sénat lui-même d'accuser ou de défendre d'anciens préteurs ou proconsuls. Pline se fait un peu prier; il cède enfin quand la cause est bonne et qu'elle doit lui faire honneur*.
J'ai parlé des succès oratoires de Pline; ils étaient de bon aloi; mais Pline ne nous cache pas que tous n'étaient pas tels de son temps. La grande habileté de quelques-uns de ses contemporains était d'avoir une bonne claque, bien recrutée et bien placée, auquel cas on pouvait calculer que le talent de l'avocat était juste en raison inverse du bruit qu'on faisait autour de lui. Quintilien avait raconté à Pline * de la manière suivante quelle avait été à Rome l'origine du mal. Son maître, Domitius Afer, plaidait un jour avec gravité, quand on entendit près de là des applaudissements excessifs, insolites, les premiers qu'on eût « organisés » : Domitius s'interrompit, pour s'écrier avec mélancolie : « Gentumvirs, c'en est fait de notre art! »
Ce n'est pas ainsi que Pline le pratiquait. Son seul artifice était de se ménager l'affection et l'admiration des jeunes gens; il leur donnait des conseils*, favorisait leurs débuts *; aussi le regardaient-ils comme un modèle, même en poésie, ce qui nous étonne un peu. Pour tel de ses jeunes
i. III, 4, 2 fin : pour la Bétique, contre un proconsul décédé, Classicus.