VI
amis, « Pline vaut tous les anciens » *. Le trait serait charmant s'il nous était rapporté par un autre que Pline *. Pline est d'ailleurs un pur lettré, pour qui tout ce qui n'est qu'affaire, est insupportable : comme président d'un tribunal, il lui faut beaucoup signer : il gémit; à quoi bon cette paperasserie, et que cette littérature est anti-littéraire ^ !
Son meilleur temps se passe en dehors de Rome, dans ses maisons de campagne. Il en avait dans les régions les plus célèbres de Fltalie, à Tusculum, à Tibur, à Préneste *. Mais il en est deux dont nous avons déjà parlé ', qu'il préfère et qu'il a longuement décrites : l'une en Toscane, à Tifernum (aujourd'hui Cita di Castello dans l'Ombrie) ; l'autre à Laurente.
Ce n'étaient sûrement pas de ces « gîtes luxueux » {deversoria luxuriœ), tels que les décrit Sénèque, au. sommet de quelque montagne, en face d'un vaste horizon de terres et de mer, ou près d'un golfe que de magnifiques constructions sertissoient
i . IV, 27, 4 : Uniis Plinius est mihi priores.
2. L'effort littéraire, sinon le succès, est à cette époque très sérieux et digne d'attention. Une inscription en vers (Biicheler, Carmina Lalina Epigraphica^ I, n" 97, p. 53), qui n'est guère postérieure à ce temps (on sait seulement qu'elle est postérieure àTrajan), prouve qu'un certain Bassulus avait traduit des comédies de Ménandre et qu'il en avait composé lui-même ; et nous savons aussi par une lettre de Pline (VI, 21, a) qu'un de ses contemporains, Vergilius Romanus, rivalisant avec les pièces de Plante et de Térence, avait écrit des comédies imitées de Ménandre.