‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 228 sur 246 · M. Lanciani, Ane. Rome, p · texte numérisé non relu

M. Lanciani, Ane. Rome, p

divers genres (IX, 29, 1). L'ouvrage fini, il le lit d'abord dans un cercle intime, à deux ou trois amis ; il pèse avec d'autres les objections qu'on lui a faites (VII, 17,7): pour prévenir les scrupules des critiques que choquent ses hardiesses, il efface docilement le passage incriminé et lui substitue une rédaction plus simple, fût-elle plus faible (VII, 12, 4), tant il a le désir de satisfaire au goût de ceux qui l'entendent ou qui doivent le lire.

Arrive enfin le jour, le grand jour de la lecture en public. Les scrupules, l'inquiétude augmentent avec le nombre des auditeurs. En se levant, l'auteur a perdu toute confiance en lui-même; il voudrait avoir traité autrement non telle partie, mais tout son livre (VII, 17, 9). L'effort, déployé en de telles occasions, paraît tel à Pline, qu'il ne croit pas qu'il y ait, pour personne, aucun moyen de porter ses œuvres plus près de la perfection. « La crainte du grand public, surtout d'un public instruit, voilà le plus énergique remède pour nous débarrasser de nos défauts *. » On se corrige à la seule pensée de la lecture; on se réforme en entrant dans la salle,

en pâlissant, en tremblant, en portant, tout autour de soi, ses regards. Pline, nous le devinons, est ici au lendemain de quelque succès; il ne peut croire que les applaudissements avec lesquels on a reçu la lecture d'un de ses discours, ne soient pas sincères! les amis ou clients de Régulus seuls sont

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