LES AUTRES LETTRES
Nous passons aux autres lettres. Toutes ont été remaniées; presque aucune des lettres du recueil ne contient en effet de ces détails qui n'intéressent que le destinataire ou celui qui écrit, et qui remplissent les lettres de la réalité ^ Ce que nous a donné Pline, a donc été élagué ; il n'a songé qu'au lecteur et n'a rien gardé de ce qui eût risqué d'être pour lui indifférent. Pline croit l'intéresser en parlant constamment de lui-même, de ses plaidoyers, ses lectures publiques, ses donations, ses petits vers ; même des mots qu'il a faits et qu'il rapporte *. On a beau être patient pour les vanités d'auteur; le lecteur trouvera sans doute que Pline en a vraiment trop et qu'il épuise la matière.
Au contraire nous sommes reconnaissants à l'auteur des lettres de ce que nous apprenons, grâce à lui, sur ceux qui l'entouraient; avant tout, sur son oncle dont il décrit les habitudes et dont il raconte, pour Tacite, la mort tragique, avec tout ce qu'il a vu, tout ce qu'il sait de la fameuse éruption. Nous devons à Pline une énumération (VI, 16) complète des ouvrages de son oncle, avec l'ordre de la composition (III, 5). Nous lui devons aussi toute une série d'anecdotes qui peignent de la manière la plus