‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 24 sur 246 · Paris, Thorin, in · texte numérisé non relu

Paris, Thorin, in

3. D'autres savants, il est vrai, expliquent le mot autrement : d'après M. Henzen, ce seraient des Campaniens domiciliés à Pompéi; d'après M. Willems (p. 89) les électeurs de la section nord-est de la ville.

4. Ainsi les boulangers {pistore8),\es pêcheurs (piscicap%\ les teinturiers {offectores), les barbiers {tonsoi^es), les cuisiniers (ctt/iwfl/n), les a.ippreniis (discentes), les ouvriers en bois (lignari et lignari universi), les Isiaci, les Venerei (se. servi; d'après M. Willems,p. 36, n.2, les adorateurs dévots d'Isis, de Vénus); simplement ivicinis i*ogantibus{k la demsinde des voisins); les joueurs de balle {pilicrepi). A ces corporations véritables ajoutez celles de ces bons vivants qui se sont appelés tardbuveurs (seribibi), larronneaux (furunculi), dormeurs (dormien tes).

30 ROME ET l'empire.

Une fois nommés, les élus ne perdront pas, comme nous disons, le contact avec leurs électeurs, et Ton trouve ici plus d'un rappel énergique à des édiles qui ne remplissent pas bien leurs fonctions et manquent de vigilance : vigila ou dormis (réveille-toi donc! Eh bien! tu dors!).

De même, des quittances découvertes il y a quelques années chez le banquier Jucundus, on a tiré fort ingénieusement des vues précises sur les travaux publics, leur adjudication, et la nature des contrats usités dans la petite ville campanienne. Mais nous ne pourrions aborder de tels sujets sans entrer dans des discussions techniques.

Nous laissons de même les graffîtes, qui n'ont, pour ainsi dire, qu'un intérêt extérieur qu'on peut indiquer d'un mot : les inscriptions en osque, anciennes et peu nombreuses ; les inscriptions grecques, bien moins nombreuses, elles aussi, que les graffîtes en latin. On trouvera plus caractéristique ceci que des enfants, en revenant de l'école, ont laissé leur marque sur le mur, et y ont tracé, dans l'ordre habituel, les lettres grecques qu'on venait sans doute de leur apprendre : a ^ y...

Laissons ce qui est vulgaire, tout pratique, les cotes ou tailles; poids des laines confiées aux fîleuses; vêtements reçus par le foulon et qu'il devra nettoyer; dates de naissance d'animaux domestiques; plan de travail pour les esclaves; recettes de cuisine, etc. Laissons ce qui est annonce et réclame : indication « d'une très bonne auberge

A POMPEI. 31

qu'on trouvera par là à droite », et tout ce qui peut de même tenir lieu d'enseigne. C'est à moins de frais, le pendant de ces amphores de Pompéi qui portent cette marque, sans doute de fondation :

LIQUAMEN OPTIMUM 1.

On trouve l'équivalent de nos grandes afflches dans les annonces développées, avec dessins, qui faisaient connaître au passant le jour et l'heure des combats de l'amphithéâtre. Rien sans doule ne passionnait autant les Pompéiens. On promettait de belles chasses; une installation commode; des voilée contre le soleil. Les gladiateurs étaient nommés et représentés. C'est une coutume qui venait sans doute de Rome, où Horace l'avait déjà signalée*. En province, les esclaves, à ce qu'il semble, n'étaient pas seuls à admirer ces dessins si pleins de promesses. D'autres affiches mentionnaient les objets perdus et promettaient à qui les retrouverait une récompense honnête.

Parmi le^ graffîtes qui expriment quelque sentiment, les plus nombreux (l'on s'y attendait sûrement) sont ceux des amoureux. On devine aussi ce qui y est exprimé : vœux, regrets, malédictions, dénonciations; rien ne manque, pas même les plus grosses injures. Des uns et des autres voici quelques spécimens : Injures en grec : Atimetus (àTi(xr,Toç

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