IX
grande et €onspicuum nostro quoque tempore monslrum
(Ce prodige énorme, éclatant, un monstre, même en notre temps).
d'Othon, deux ou trois fois consul, Vestricius Spurinna, vieillard encore vert, presque octogénaire : il vit dans une retraite agréable; Pline a remarqué son régime et le décrit en détail : c'est un plan de vie privée d'un grand de Rome que Fâge a délivré des affaires*.
Les autres correspondants de Pline ne nous sont guère connus. M. Mommsen, dans son précieux index, a pu reconstituer la vie et le cursus honoimm de beaucoup d'entre eux. Mais, à lire, les lettres, beaucoup de ces noms ressemblent pour nous à des signes d'algèbre; c'est en littérature une société quasi anonyme; elle défile comme des ombres devant le lecteur, sans que sa mémoire en puisse rien retenir. C'est la rançon de la méthode suivie par Pline et qu'il avait crue ingénieuse : par scrupule littéraire, il avait retiré de son recueil la matière des lettres réelles ; la réalité a quitté ces lettres de littérateur. Les noms, les faits ont beau être vrais : ils ne sont pas plus vivants que si l'auteur avait imaginé le tout, de toute pièce.