VI PREFACE
ques presque effacées, des statues tronquées, des bas-reliefs effrités : pourrons-nous, fût-ce par un effort d'imagination, rappeler leur couleur première et leur ancienne beauté ? Cette Rome véritable que nous devinons derrière les livres et les monuments, parviendrons-nous jamais à en esquisser au moins une faible image?
Je tente à mon tour l'entreprise, sans me faire aucune illusion sur ses difficultés. Le tableau qui va suivre sera forcément très incomplet. Je suis sûr d'avoir commis dans ces pages bien des erreurs. Le lecteur me les pardonnera, s'il reconnaît que j'ai essayé de faire un livre à jour et, s'il se peut, vivant; que j'ai partout profité des travaux récents, tout en m'en détachant pour entrer avant tout et le plus possible dans la vie des Romains, telle que nous nous la représentons; et combien elle est autre que ne la voyaient nos pères! Nos enfants la verront à leur tour autrement, les découvertes futures devant supprimer ou ajouter quelque trait à telle partie du tableau. Qu'importe? Critique, mémoire, imagi-j nation : que nos facultés déploient toutes leurs ressources, pourvu qu'il y ait, dès ce jour, une conclusion, et que notre esprit arrive enfin à se former de l'antiquité romaine, une image peut-