PREFACE. VU
être inexacte et imparfaite, mais du moins arrêtée dans ses traits principaux.
La principale difficulté est certainement qu'il nous faudra plus d'une fois tirer des nionumènts et des livres ce que, rigoureusement parlant, ils ne contiennent pas. Chez les Romains, pas plus que chez aucun peuple, on ne se souciait de représenter ou de dire ce qui était connu de tous * ; or c'est là bien souvent ce que justement nous ignorons, ce qui serait caractéristique des mœurs anciennes, ce qui, plus que tout le reste, doit avoir du-prix pour nous. Il s'agit à l'occasion de le retrouver, fût-ce en le devinant.
Dans bien des parties de cet ouvrage, j'ai senti (pourquoi ne le dirais-je pas?) tout ce qui me manquait pour assurer à ce travail la justesse de forme et la solidité de fondsque j'aurais souhaitées. Je regrettais ici de n'être pas archéologue, là épigraphiste; partout de n'avoir pu étudier de près et à loisir tel problème dont je devinais l'intérêt. Mais aucune étude générale ne s'achève sans laisser de tçls regrets.
1. Végèce, I, 8, dit de même à propos de Téducation militaire : illi res gestas... tantum scripsere,..- isla quœ quserimus, lanquam nota relinquentes (les auteurs se sont bornés à rapporter les événements, en négligeant, comme bien connus, ces détails même que nous recherchons).