‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 45 sur 246 · Saturnimus, 23; Peter, H. A., II, p · texte numérisé non relu

Saturnimus, 23; Peter, H. A., II, p

avez fait un mauvais prince ». Si l'élévation de ces princes faisait, comme on le prétendait, le bonheur de tous,' elle devait, pour beaucoup d'entre eux, assurer leur malheur :

Félix omnia; infelicissimus imperator *.

Il fallait en finir avec Tempereur précédent. Le plus simple était de lui rendre des honneurs divins. On ne les ménageait pas sous Tempire. Nous voyons le Sénat les accorder ipême à telle victime des trente tyrans, à Pison*. Régulièrement l'empereur défunt devient dieu ; à ses funérailles on voit régulièrement son âme s'envoler vers l'Olympe*; il sera désormais divus^ et il aura son collège de prêtres {sodales) qui prendra son nom ou son surnom *.

Ce culte eut toujours ses fidèles; c'était une forme facile et fructueuse de l'adulation. Mais on se doute bien que, dès le premier moment, il y eut des sceptiques, et que même les railleries à voix basse ne manquèrent pas. Bientôt ce furent les empereurs eux-mêmes qui se mirent à railler cette coutume, et tinrent à prouver qu'ils n'étaient pas

1. « Tout est heureux; mais il n'y a rien de si malheureux que Tempereur >»; c'est un mot qui fut, paraît-il, inscrit sur le tombeau de Censorinus, l'un des trente tyrans : Trig. tyr., 33, 5 ; Peter, II, p. 131, 22. Félix omnia est sans doute un sotécisme de la langue vulgaire.

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