‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 51 sur 246 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

4. Le Sénat, ayant déjà conféré à Aurélien la série des surnoms traditionnels (Golhicusi Sai^maticus, Armeniacus^ Parthicus, Adiahenicus), s'avisa après une victoire sur les

K ROME ET l'empire.

noms des anciennes magistratures qui ne sont plus que des mots *. C'est dans certains quolibets qu'il faut chercher la vérité : Elagabal appelle les sénateurs « des esclaves en toge {mancipia togata) *; des sénateurs appellent Aurélien le « pédagogue du Sénat » ^.

Personne n'était dupe des apparences, et quand il y avait lutte, le résultat n'était jamais douteux. Les révoltes de la capitale étaient réprimées dans le sang des sénateurs *; et quand, dans le triomphe d'Aurélien revenu vainqueur des frontières, on voyait défiler les sénateurs, on disait et ils pensaient eux-mêmes que l'empereur « triomphait aussi du Sénat » *.

Tout nouveau prince écartait, dès son avènement, par sa hauteur, au besoin par des rigueurs, la familiarité de ceux qu'il avait connus dans son ancienne condition *. Mais surtout il se défiait de quiconque pouvait se poser en rival. Ceux qui interrogent les devins et les Chaldéens, deviennent par là même suspects et sont durement punis ''.

Carpi de l'appeler Carpicus : il ne manque plus, dit Aurélien, que ceci, que vous m'appeliez carpisculua (nom d*une chaussure) : id., XXX, 5.

• i. Trebellius, Valer.^ v, 4 : sénatus-consulte par lequel la censure est conférée à Valérien et discours de Dèce.

Page 1