‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 54 sur 246 · Dion, LIX, 24 in · texte numérisé non relu

Dion, LIX, 24 in

que je peux tout et sur tous '. » Comme on faisait craindre à Néron les conséquences du meurtre de Britannicus : « Serait-ce, répondit-il, que j'aie k craindre la loi Julia *? » Grisé par la facilité de ses premiers crimes, il assurait qu'aucun de ses prédécesseurs « n'avait vraiment su tout ce qu'il eût pu faire ' ».

On comprend que les empereurs que j'ai nommés se soient passé toutes les fantaisies, et qu'ils aient affecté de renchérir les uns sur les autres dans leurs imaginations cruelles ou grotesques : c'étaient «jeux de princes ». Caligula forçait des sénateurs ayant rempli de hautes charges, à courir en toge le long de son char, et cela pendant plusieurs milles *. Elagabal avait des lions et des léopards apprivoisés, qu'il employait de la manière suivante : à la fin des festins, ces animaux venaient à Fimproviste se coucher près des convives, qui mouraient presque de peur *. Ses courtisans s'amusaient à étouffer les parasites sous les violettes ou sous les fleurs * ; ou bien à l'heure où le peuple accourait aux jeux, il lâchait dans Rome les serpents marses qu'il avait collectionnés : les gens fuyaient ou étaient mordus ''.

1. Suétone, 29 : * Mémento, ait, omnia mihi et in omnis licere ».

Page 1