PREFACE. IX
peu fantasque, s'était créé là une sorte de microcosme reflétant les mœurs des régions les plus diverses : dans le « Pœcile », les élégances grecques; dans le « Canope», les bizarres coutumes de rÉgypte; dans les « Enfers », la représentation des croyances populaires; dans ses théâtres, le grec et le romain, dans ses thermes, toutes les formes des plaisirs publics, tous les raffinements du luxe privé de Tépoque. Où trouver, pour une restitution de la vie ancienne, un cadre plus magnifique?
Par lés dépouilles de la villa, semées à Naples, à Rome et partout, nous voyons qu'elle était ornée de toutes les splendeurs de ce temps. Nous la peuplerions à notre gré : dans les salles, sous les portiques se presseraient consulaires et rhéteurs, tribuns des légions et sénateurs; poètes et philosophes ; ceux-ci ont ici leur salle comme ils ont leur allée à Chantilly ; au milieu d'eux passerait l'empereur, caractère inégal, âme forte quoique sceptique et blasée. Dans un coin serait assis le jeune Marc- Aurèle, grave déjà *, d'une extrême sincérité ^ préludant sans doute à ses futurs exa-
1. Gapitolin, ii, 1 : a prima infantia gravis (dès sa première enfance, ayant l'air grave).
2. Ihid.^ I, 10 : Hadrien, jouant sur le nom de son père (Annius Verus), l'appelait Verissimus.