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LES JEUX

Les jeux différaient par le genre de représentations ou de réjouissances qu'on allait y chercher, et par le lieu où ils étaient donnés : au cirque, courses de chars; au stade, exercices grecs; au théâtre, tragédies, comédies, mimes et pantomimes; à l'amphithéâtre, chasses ou combats de bêtes [venationes) et combats de gladiateurs.

Les jeux étaient regardés par le peuple comme une dette que les princes acquittaient à son égard. Ils constituaient un acte de gouvernement. Pour chaque empereur, après les indications sur la famille du prince, sur son mariage et ses magis» tratures, Suétone énumère, d'après les archives impériales, les jeux et les spectacles qu'il a donnés.

Dans toute l'histoire de l'empire, qu'on lise Dion ou l'Histoire-Auguste, on voit que les jeux étaient continuels : toute occasion est bonne pour les donner : victoire, mort, anniversaire; on suppose un motif quand il n^y en a pas. Voici par exemple l'un des prétextes qu'emploient les pires des princes : Auguste avait fait renouveler son pouvoir par le Sénat pour dix ans, et il avait à cette occasion donné des decenma, A défaut d'autre raison, tout prince qui a régné dix ans, invoque celle-là ; Gallien même, dont le père avait été défait par les Perses et restait leur prisonnier, célébra

des decennia où Ton vit un triomphe, une hécatombe et toute une procession bizarre * : les chevaliers, le peuple, les soldats avec manteaux blancs, les esclaves et les femmes, avec des torches de cire et des lampes, marchant tous au Capitole; cent bœufs blancs, deux cents brebis blanches, dix éléphants ; douze cents gladiateurs ; deux cents animaux apprivoisés de divers genres, des mimes et des histrions de toute sorte.

A la suite des représentations de gala, quelles qu'elles fussent, on réservait à la plèbe quelques cadeaux [munuscula) *. Néron, après une togata d'Afranius, permit aux acteurs de piller la maison représentée, et on lança parmi le peuple des objets de toute sorte : tessères frumentaires, victuailles, oiseaux, argent, perles (ceci sans doute par le moyen de tessères) ; tableaux, bêtes de somme, bêtes apprivoisées, et même des navires, des maisons et des terres : c'était déjà la tombola monstre ^. Stace décrit avec une admiration attendrie « le jour, heureux » et la « nuit d'ivresse* », pendant lesquels Domitien combla le peuple de ses présents. Nous devinons bien ce qui se pass*ait dans la réalité; et, quand nous n'aurions pas eu le témoignage de Sénèque ', nous nous serions bien douté qu'il y

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