‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 81 sur 246 · Chap. XIX (P. II, p. 215, 24 et suiv · texte numérisé non relu

Chap. XIX (P. II, p. 215, 24 et suiv

4. L'ennui qui en résultait (tœdiumpompse) existait là comme aux triomphes : Suétone, Vespasien, 12; Sénèque le père, Préf., etc.

toutes différentes : là se succédaient les palmularii et les scuiarii; les retiarii^les Thraces, les Myrmidons, etc. Il y avait des costumes historiques : Ajax, Télamon, etc. On amusait le public en faisant combattre des nains et des femmes.

. Un moderne ne peut lire le récit de ces fameux spectacles sans songer d'abord aux victimes. Nous devinons trop bien quels devaient être les sentiments des Germains, des barbares ou prisonniers qu'on menait en voiture aux « spectacles du matin », et qui ne pouvaient ignorer ce qui, le soir, les attendait eux-mêmes. On comprend qu'ils aient tâché d'y échapper, même en recourant aux formes de suicide les plus affreuses *. Mais le témoignage des Pères de l'Église confirme ce que nous savons d'ailleurs : que la vue de ces spectacles attirait, transportait les plus récalcitrants, tant la foule, avide de curiosités et d'émotions violentes, oublie volontiers ce qu'ils impliquent de cruauté.

On sait ce que sont chez nous les « collections de policiers ». Des agents se sont fait relier des carnets avec la peau des criminels. Les Césars, quelque cruels qu'ils fussent souvent, imaginaient des expédients plus doux. Comme deux gladiateurs habiles s'étaient frappés l'un l'autre à mort, Claude

4. Sénèque, Ep. lxx, 17, 20 et 22 : l'un s'étouffe avec l'éponge immonde; un autre, feignant de dormir, donne de la tête contre la roue du char; le troisième, dans la naumachie, s'enfonce dans la gorge l'épée dont on l'armait pour combattre un adversaire.

se fît faire aussitôt de petits couteaux avec leurs épées *. C'est le môme empereur, à la réputation de sot et de bonasse, qui, fâché de ce que, dans le spectacle, quelque chose avait manqué par la faute d'un employé, le fit jeter aux bêtes, ce qui fournit au public un spectacle supplémentaire et imprévu -.

On sait qu'avant Néron, avant Commode, la folie de descendre dans l'arène et de se donner en spectacle, soit comme virtuose, soit comme gladiateur, avait gagné même des Romains de bonne famille; César se laissa arracher, pour les chevaliers, la permission de s'avilir, mais supplia qu'on ne la demandât pas pour les sénateurs. Dès le temps d^Auguste, il n'est guère de jeux où Dion ne mentionne que des chevaliers et des sénateurs ont ainsi combattu.

Rappelons enfin que, pour nous renseigner sur les armes et le costume de gladiateurs, outre la grande mosaïque des thermes de Caracalla conservée au musée de Latran, il nous reste de très belles mosaïques au même musée et à la villa Borghèse, de sorte que c'est ici une des parties de la vie ancienne dont nous avons la représentation la plus précise et la plus complète.

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