‹ Rome & l'empire aux deux premiers siècles de notre èreChapitre 98 sur 246 · Pline, XXXVU · texte numérisé non relu

Pline, XXXVU

132 UOME ET l'empire.

songeait sûrement à ses contemporains quand il notait à l'avantage des Germains, que chez eux il n'y avait pas proprement de luxe des funérailles*. La dépense, très différente suivant les lieux, les temps, les fortunes, surtout suivant les conditions, variait de quelques centaines ou de quelques milliers de sesterces, à des centaines de mille, à des millions de sesterces. Elle arrivait naturellement au maximum dans les funérailles des empereurs. Hérodien les a décrites dans un passage célèbre ' : on élevait au Champ de Mars, en forme de pyramide, un bûcher à plusieurs étages, dont chacun était orné de broderies d'or, de sculptures en • ivoire, de tableaux représentant les scènes principales de la vie du souverain dont on préparait Fapothéose. Le cercueil était placé tout en haut; au moment où la flamme embrasait toutes ces magnificences, un aigle prenant son essor du tabernacle qui couronnait l'étage supérieur, s'élevait dans les airs, et figurait l'âme du nouveau dieu qui laissait la terre pour l'Olympe^. Naturellement il se trouvait toujours quelque sénateur pour jurer qu'il avait vu le défunt monter au ciel et prendre

1. Germ., 27 : Funcruni nulla ambilio; id solum observatiir ul corpora clarornm virorum certis lignis crementur. Struem rogi nec vestibus nec odorihus cumulant (chez eux, on ne rivalise pas de luxe dans les funérailles; on a soin seulement de brûler avec certains bois les corps des personnages illustres. Sur la masse du bûcher on ne va pas accumuler vêtements et parfums).

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